Mario Lanza, né le 31 janvier 1921 à Philadelphie aux États-Unis et décédé le 7 octobre 1959 à Rome en Italie, était un ténor américain. Mario Lanza est né l'année de la mort d'Enrico Caruso. Il grandit, sous le nom d'Alfredo Arnoldo Cocozza, dans le Quartier Italien du South Philadelphia, sa cité natale. Sa famille le surnomma Freddie ; il prit plus tard le nom de jeune fille de sa mère et s'appela Mario Lanza. C'est en écoutant avec frénésie les enregistrements de son idole Enrico Caruso, conservés soigneusement par son père, que le jeune Alfredo découvrit sa propre voix. Mario Lanza fut découvert par le chef d'orchestre Serge Koussevitsky en 1942. Il opta pour une carrière cinématographique plus que lyrique et enchaîna les films produits par la MGM. Il débuta sa carrière à Hollywood en 1944, avec Winged victory de George Cukor. En tournant dans The toast of New Orleans de Norman Taurog , The great Caruso de Richard Thorpe , ou encore Serenade d'Anthony Mann , le ténor devint une superstar. Son titre Be My Love se classa à la première place du hit-parade américain en mars 1951. Ses revers professionnels dus à ses relations tendues avec le milieu du cinéma et des critiques journalistiques eurent raison de sa carrière et il préféra quitter son pays pour aller s'installer en Italie en 1956. Des abus d'alcool et de nourriture finirent le travail de la profonde dépression de ce personnage haut en couleur qui reste une légende du chant. Il est mort en 1959 d'une crise cardiaque à Rome à l'âge de 38 ans seulement, où il vivait depuis 1956. Sa femme aimante ne lui a survécu que 5 mois en raison de l'abus de somnifères. Parmi les ténors références, José Carreras, Placido Domingo et surtout Luciano Pavarotti considèrent Mario Lanza comme la référence absolue en matière de voix et se sont révélés leur passion et leur métier notamment grâce à Lanza [citation nécessaire] . La qualité d'interprétation des grands rôles d'opéra dont Paillasse (Léoncavallo) et la puissance exceptionnelle et surtout innée de sa voix en font un chanteur extraordinaire. Ceux parmi les plus grands qui ont obtenu une telle tessiture au bout de dix ans de travail de chant n'ont que la plus grande admiration pour celui qui disposait de toutes les qualités de façon naturelle.
Né à Castiglione dei Pepoli (Bologne) le 16 avril 1942, il est marié avec la soprano Adriana Anelli, qui lui a donné une fille du nom de Cinzia.
1984 il obtient "Ambrogino d´oro of Milano"
1992 nommé "Grand Officier de la République Italienne"
1996 nommé "Kammersänger" de l'opéra de Vienne
1995 nommé "Académicien d'honneur de la Reale Filarmonica Accademia de Bologne"
1997 nommé "Médaille de Santiago" au Chili
2000 il obtient l'"Opera Award" du meilleur Baryton pour son "Trouvère" à la Scala de Milan
2000 nommé "Goodwill Ambassadors UNICEF" pour l'Italie
2002 nommé "Chevalier de l´Ordre des Arts ed Lettres" de la Ministre de la Culture et de la Communication de la République de France
En 2004, il est nommé membre honoraire de l'opéra de Vienne et reç2;oit l'anneau honorifique
2004 il obtient "Fanfullino d´oro-lodi"
2004 il obtient "Premio Caruso"
1965,1966 lauréat des concours de chant, avec bourse d'étude, E.N.A.L.
1967, lauréat du concours "A. Belli" de Spoleto, ce qui lui vaut de débuter dans le rôle de Figaro du "Barbier de Séville" de G. Rossini.
1973, lauréat du Concours International Viotti à Vercelli (premier prix)
Initié en 1957 à l'étude du chant par Mario Bigazzi, Leo Nucci étudie ensuite à Bologne auprès de Giuseppe Marchesi, avec qui il fait ses débuts en 1967 dans le rôle de Figaro du "Barbier de Séville" de Rossini et gagne en interprétant cette partie le concours de chant A. Belli de Spoleto. A Milan, il rencontre Ottaviano Bizzarri qui l'amène en 1973 à débuter dans le rôle de Rigoletto. Ce dernier, de même que celui de Figaro du "Barbier de Séville", sera dès lors un ses rôles de prédilection. En 1977 il chante pour la première fois au théâtre de la Scala le rôle de Figaro, obtenant le succès qui lui vaudra d'être engagé dans cette sale de façon pratiquement ininterrompue jusqu'à aujourd'hui. Il enregistre aussi plusieurs disques importants (notamment les représentations relatives aux célébrations du centenaire de la mort de Verdi : inauguration 2000 avec "le Trouvère", 2001 "Rigoletto", "Macbeth", et inauguration avec "Otello"). Il connaît son premier succès international à Londres en 1978, quand il remplace au pied levé un collègue malade dans "Luisa Miller" de Verdi. Le succès est tel que les portes des plus grands théâtres du monde s'ouvrent à lui. En 1980, il débute dans "un bal masqué" de Verdi au Metropolitan Opera de New-York, où l'immense succès qu'il rencontre lui vaut depuis lors de se produire à chaque saison. Il enregistre également avec le Met un grand nombre de disques et de vidéos. En 1979, il débute dans le rôle de Figaro à l'opéra de Vienne, salle qui devient également très importante pour sa carrière. Entre les disques et les vidéos officiels, il a produit plus de quarante enregistrements avec les maisons les plus importantes. Il a eu pendant dix ans un contrat exclusif avec Decca, situation qui était celle de Bastianini. Il a en outre été l'interprète de deux films d'opéra : Macbeth, présenté au Festival de Cannes, et le Barbier de Séville. Il a enfin enregistré des disques sous la direction des chefs d'orchestre les plus importants de notre temps :
H. von Karajan, Sir G. Solti, C.M. Giulini, R. Muti, C. Abbado, J. Levine, Z. Mehta, L. Maazel, R. Chailly, Sìr J. Pritchard, G. Patanè, B. Bartoletti, N. Santi, M. Viotti...
Issue d'une famille de musiciens, Mirella Freni chante dès 10 ans le grand air de La Traviata , " Sempre libera ". 2 ans plus tard lors d'un concert, elle est remarquée par Benjamino Gigli.
1955 Elle fait ses débuts professionnels à Modène dans le rôle de Micaëla (Carmen). C'est l'Angleterre qui l'invite en premier au Festival de Glyndebourne en 1960
1961 Elle débute à Covent Garden dans le rôle de Nanette (Falstaff) à la demande de Giulini, 6 jours avant la première. Mirella Fréni se fait une grande réputation comme interprète des opéras de Mozart (Zerline dans Don Giovanni et Suzanne dans Les Noces de Figaro)
1962 Elle entre à La Scala de Milan et devient l'une des " vedettes " de " l'après Callas "
1963 Elle obtient un triomphe personnel en chantant, toujours à la Scala, Mimi (La Bohème) mis-en-scène par Franco Zefirelli, sous la direction d'Herbert von Karajan qui jouera un grand rôle dans le déroulement futur de sa carrière.
1965 Elle fait ses débuts américains au MET de New York (Mimi, La Bohème). A la fin des années 60 et au cours des années 70 , Karajan la pousse à étendre son répertoire vers des rôles plus dramatiques (Desdémone dans Otello,1970, Aïda, dans le rôle titre, 1979)
1973 Elle fait enfin ses débuts à l'Opéra de Paris dans Suzanne des Noces de Figaro dirigé par Georg Solti. Au cours des années 80, elle élargit son répertoire aux opéras russes (Lisa dans La Dame de pique, La Scala, 1990)
1993 Elle fait ses débuts à l'Opéra-Bastille avec Adriana Lecouvreur de Cilea qui devient l'un de ses plus grands rôles. Après plus de 30 ans d'une carrière internationale, Mirella Freni reste l'une des sopranos lyriques les plus acclamées. Elle a su respecter l'évolution naturelle de sa voix pour progressivement s'orienter vers des emplois plus lourds jusqu'au lirico spinto cher à Verdi puis à l'école vériste, et demeure à ce titre un exemple dans la manière de mener une carrière.
Roberto Alagna est né en France de parents siciliens.
Il commence des cours de solfège à l'âge de dix ans au Conservatoire National de la ville du Raincy et suit parallèlement les cours de guitare de Jacques Lescure.
A dix-sept ans, il se produit en qualité d'auteur-compositeur-interprète dans divers cabarets parisiens, mêlant ainsi les variétés internationales aux études lyriques qu'il entretient avec le Maestro cubain Raphaël Ruiz. Toujours à Paris,il entre en 1987 à l'Ecole de l'Opéra où il rencontreMelle Simone Fejard avec laquelle il collabore encore aujourd'hui. En 1988, à Philadelphie, il remportele Premier Prix du Concours Luciano Pavarotti. Et il débute en Angleterre avec le Glyndebourne Touring Opera dans le rôle d'Alfredo de La Traviata de Verdi. Rôle qu'il enchaîne aussitôt à Monte-Carlo, au Japon puis en Europe, jusqu'à ses retentissants débuts à la Scala de Milan. S'ensuit la prise de rôle de Rodolfo dans La Bohème de Puccini, sur les plus prestigieuses scènes du monde : le Covent Garden de Londres, le Staatsoper de Vienne, l'Opéra Bastille de Paris, le Metropolitan Opera de New York, le Liceo de Barcelone, La Scala de Milan... Les maisons de disques le réclament. Il réalise divers ouvrages pour différentes compagnies : La Traviata et Rigoletto de Verdi, captation « Live », L'Elixir d'Amour de Donizetti et Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach, Gianni Schicchi et La Bohème de Puccini... En 1993, il signe un contrat d'exclusivité avec la compagnie de disques EMI pour laquelle il enregistre sur une période de dix années un impressionnant catalogue d'opéras, composé d'oeuvres intégrales, récitals solos, duos, musiques sacrées et crossover, qui lui valent de multiples récompenses musicales : Gramophone Awards, Grammy Awards, Best recording, Record of the Year, disque d'Or....
Sa technique vocale lui permet d'aborder les répertoires lyriques, spinto ou dramatiques avec maestria. En mai 2004, il signe un contrat d'exclusivité avec le label Deutsche Grammophon.Il apparaît simultanément à travers le monde, en récital ou au théâtre, dans divers ouvrages dont : La Bohème, Tosca et La Rondine de Puccini, L'Elixir d'Amour, Lucia di Lamermoor et Roberto Devereux de Donizetti, Il Trovatore, Don Carlos, La Traviata, Simone Boccanegra, Aïda et Macbeth de Verdi, Roméo et Juliette et Faust de Gounod, Werther et Manon de Massenet, L'Amico Fritz de Mascagni, Carmen de Bizet, I Pagliacci de Leoncavallo, Cyrano de Bergerac de Alfano, et bien d'autres... C'est en 1996 qu'il confie sa carrière internationale à Lévon Sayan. En 2000, ensemble, ils créent leur maison de production et réalisent quatre DVD. Un récital solo pour la réouverture de la fameuse salle Gaveau à Paris, trois nouvelles productions d'opéra : la création mondiale du Cyrano de Bergerac d'Alfano, dans sa version française et inédite de 1935, I Pagliacci de Leoncavallo et Werther de Massenet. Le Cinéma marque une nouvelle étape dans la carrière de Roberto Alagna qui tourne en 2001 une adaptation cinématographique de Tosca de Puccini, qui connaît un grand succès en salle. De nouveaux projets cinématographiques s'ouvrent actuellement à lui, dont une nouvelle adaptation de I Pagliacci
de Leoncavallo.
Roberto Alagna participe régulièrement à des événements internationaux tels que : Le Concert pour le Prix Nobel de la Paix, le Concert Michael Jackson and Friends au profit des enfants du Kosovo... Il chante pour le Maire de New York R. Giuliani et fait deux concerts pour le Pape à Rome en 2002 puis à Turin en 2003. Le 14 juillet 2005, il interprète La Marseillaise Place de la Concorde à Paris devant la tribune présidentielle.
De nombreuses distinctions jalonnent son parcours : Personnalité Musicale de l'année 1994 par la presse française, Chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres en 1996 au cours de sa prise de rôle dans Werther, Artiste Lyrique de l'année aux Victoires de la musique 1997, Médaille Vermeil de la ville de Paris en 2001, Officier dans l'ordre des Arts et Lettres en reconnaissance de sa carrière internationale en 2002, Le Président de la République lui remet personnellement les insignes d'Officier de l'Ordre National du Mérite en 2003. Aux Victoires de la Musique 2004, il reçoit le trophée Artiste Lyrique de l'Année, ainsi que celui du Meilleur enregistrement lyrique de l'année.
Comme il est coutume de dire que la contralto britannique Kathleen Ferrier (1912-1953) occulta l'importance de sa consoeur hollandaise Aafje Heinis, ou que la carrière de la soprano autrichienne Elisabeth Schwarzkopf (1915-2006) brima celle de Lisa della Casa, il est souvent prétendu que la soprano turque Leyla Gencer, qui vient de mourir, à Milan, samedi 10 mai, à l'âge de 79 ans, a souffert du statut de légende vivante de sa rivale Maria Callas (1923-1977). Comble de malchance pour Gencer, une autre rivale fameuse, Renata Tebaldi (1922-2004), s'interposa entre elle et Callas... Mais si le chant essentiellement apollinien de Tebaldi ne pouvait se comparer par sa nature à celui de Callas, l'engagement dramatique de Gencer le rappelait en bien des points.
A l'époque de ses débuts à la Scala, dans la première mondiale, en italien, des Dialogues des carmélites, de Francis Poulenc, en 1957, Leyla Gencer était souvent affectée aux deuxièmes distributions de l'illustre maison milanaise, tandis que Callas régnait sur les premières. Mais "la Diva turque", qui avait fait ses débuts à Ankara, en 1950, aura chanté un répertoire plus large (72 rôles), qui, outre le bel canto italien (avec une prédilection pour Donizetti), comprenait des créations et des opéras du XXe siècle ainsi que beaucoup de raretés oubliées de l'opéra italien du XIXe siècle qu'elle servait avec un respect scrupuleux du texte et de ses indications. Gencer partageait avec Callas un caractère trempé et ombrageux et les anecdotes à propos de ses "caprices" ne manquent pas.
En dépit d'une rivalité entretenue surtout par les partisans de la Grecque et de la Turque, Gencer reconnaissait cependant, dans un entretien en anglais transcrit sur le site Internet www.belcantosociety.org que Callas "avait la voix la plus imparfaite du monde, mais cela ne veut rien dire. Elle était pleine de défauts, mais elle avait le feu sacré. Elle était merveilleuse. Qui l'égale aujourd'hui ?".
Si Callas est aujourd'hui aussi connue que du temps où elle chantait sur scène, c'est notamment en raison d'un legs discographique important. Leyla Gencer a quant à elle peu enregistré en studio, et les témoignages de son art sont le plus souvent captés sur le vif et publiés dans des éditions pirates, en opéras séparés ou en coffrets anthologiques. On trouve beaucoup d'extraits filmés, certains publiés officiellement (par la firme américaine Vai), d'autres reproduits par des particuliers sur des sites Web, dont YouTube.
Le chant de Gencer était extrêmement engagé, et ses incarnations dramatiques allaient parfois à l'encontre de la beauté du son. Elle manquait d'agilité, mais le timbre était superbe et sa musicalité en aura touché plus d'un. Sa qualité première est demeurée un aigu pianissimo dont elle a parfois abusé, surtout lorsque le tonus de la voix lui manquait et que le vibrato la gagnait dans les nuances fortes. La chanteuse reconnaissait d'ailleurs qu'elle avait donné "davantage de mauvaises représentations que de bonnes".
Gencer ne se retirera de la scène lyrique qu'en 1985 et ne donnera plus que des concerts, jusqu'en 1992. Ensuite, elle s'est consacrée à l'enseignement, notamment à la Scala de Milan, où elle fut directrice du programme pour les jeunes chanteurs à l'instigation du chef d'orchestre Riccardo Muti.
Après une crémation à Milan, le 12 mai, ses cendres devaient être dispersées dans la baie du Bosphore, dans son pays natal. Article Le Monde
Etudiant tout d'abord le violon au Conservatoire National de Région de Versailles (France), elle obtient par la suite un Premier prix de Chant à l'unanimité au sein même de son établissement.
Elle quitte alors la France pour l'Allemagne, où elle entreprend de nouvelles études de chant auprès de Ernst HAEFLIGER, Erik WERBA, Hermann REUTTER, couronnées par l'obtention d'un examen d'état mention bien.
Lauréate du Concours International de Chant de Genève, elle débute sa carrière en 1983-84 au sein de la troupe de l'Opéra de Lübeck dans le rôle de la Maréchale (Rosenkavalier / R. STRAUSS).
La Première Victoire de la Musique Classique qu'elle se voit remettre, en février 1994 en tant qu'Artiste Lyrique de l'année, consacre une étonnante carrière débutée à peine dix ans plus tôt. Les plus grands chefs tels Pierre Boulez, Sylvain Cambreling, Jean-Claude Casadesus, Michel Plasson, Georges Prêtre, Semyon Bychkov, Ricardo Chailly, Charles Dutoit, Carlo Maria Giulini, Marek Janowski, Pinchas Steinberg, et bien d'autres encore, lui ont vite permis d'affirmer sa carrière aux quatre coins du monde.
Invitée d'opéras aussi prestigieux que le Teatro Colon de Buenos Aires, la Fenice de Venise, le Met de New York ou l'Opéra Bastille, ainsi que d'orchestres non moins illustres comme l'Orchestre de Paris et de tous les grands orchestres nationaux français, le London Symphony Orchestra, le Konzertgebow Orchestra, l'Académie Sainte-Cécile de Rome, l'Orchestre Philharmonique d'Israël, l'Orchestre Royal de Copenhagen, le New York Philharmonic et, tout récemment, du Chicago Symphony Orchestra pour fêter Pierre Boulez et son 80ème anniversaire en compagnie de celui-ci.
Françoise Pollet étonne par son immense musicalité et l'éclectisme de son répertoire, Strauss, Verdi, Wagner, Berlioz, Dukas… y côtoyant les plus grands compositeurs contemporains, tels Boulez, Liebermann, Messiaen, Boesmans, Florentz…
Personnalité hors du commun, elle participe à la création de " Reigen " de Philippe Boesmans à la Monnaie de Bruxelles et à l'Opéra de Hambourg, elle crée le rôle-titre du dernier opéra de Rolf Liebermann " Freispruch für Medea ".
Ses années d'apprentissage en tant qu'instrumentiste, ses années passées en Allemagne l'ont formée comme récitaliste ; elle a toujours privilégié cet aspect de sa carrière, et elle s'est produite avec de nombreux musiciens tels Jean-Marc Luisada, Philippe Cassard, Jean-François Heisser, Dalton Baldwin, Roger Vignolles, Bruno Fontaine, le Quatuor Parisi.
Son importante discographie confirme l'étendue de son répertoire. Entre autres : les Troyens (récompensé par un Grammy Award), la Damnation de Faust d'Hector Berlioz, le Gloria et le Stabat Mater de Poulenc, sous la direction de Charles Dutot (Decca), les Poèmes pour Mi d'Olivier Messiaen, l'intégrale des œuvres de Werbern, sous la direction de Pierre Boulez (DGG), les quatre derniers Lieder de Richard Strauss, les sept Lieder de Jeunesse d'Alban Berg et les Wesendonck Lieder de Richard Wagner sous la baguette de Klaus Weise (Musidisc), un récital d'Airs Sacrés Français avec Jacques Mercier (RCA), un récital d'airs d'opéras français avec Cyril Dietrich, (Erato).
Françoise Pollet enseigne au CNSMDL (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon) depuis 2002-03. Elle donne de nombreuses Masterclasses : à l'Opéra-Studio de Strasbourg " les Jeunes Voix du Rhin ", à l'Académie Maurice Ravel (St Jean de Luz), à la Musikakademie d'Amsterdam, à la Franz-Liszt-Hochschule de Weimar, au Conservatoire National de Région de Montpellier, au Centre de la Voix Région Rhône-Alpes.
Françoise Pollet est Chevalier de l'Ordre National du Mérite ainsi que des Arts et Lettres.
Florentin par sa naissance, il ne reste que quatre années dans cette ville pour s'installer à Cremone, à la suite de la mobilité de son père qui travaille dans les services administratifs de l'État. Il est l'aîné d'une famille de trois enfants. Sa mère possède une voix de soprano assez étendue. Lorsqu'il a 10 ans, la famille est encore mutée en Libye, à Tripoli, cette fois, pour trois ans. Ils reviennent pour demeurer à Pesaro, ville natale de Rossini et c'est à 13 ans qu'il commence à étudier, non pas le chant, mais le violon au Conservatoire. La mairie de Mondolfo ayant été transformée en un théâtre nommé Le Gigli en mémoire de Beniamino Gigli fabuleux ténor, il est choisi pour chanter lors de l'inauguration de cette salle Narcisse deJules Massenet à 13 ans et demi.
À la suite de cette tentative, il commence à apprendre le chant auprès d'une vielle dame mais le pianiste du Conservatoire de Pesaro, Lamberto Gardelli, se rend compte de la dégradation des dons vocaux et lui conseille de se rendre auprès du maestro Melorcci. Il abandonne l'étude du violon pour se consacrer au chant mais aussi aux arts plastiques (peinture et sculpture).
À 20 ans, il est reçu au concours d'admission dans la classe de chant du Conservatoire. L'année suivante, il s'inscrit au concours organisé annuellement par l'Opéra de Rome pour aider à la découverte de nouveaux talents et obtient un premier prix à égalité avec cinq autres concurrents, notamment, Rina Filippini, soprano qui deviendra son épouse.
Choisi parTullio Serafin, il est pensionnaire du Conservatoire de l'Opéra de Rome et suit les cours de Marcantoni mais le résultat sera négatif puisque sa voix se réduit à nouveau. Grâce aux conseils de Rina, il retourne chez Melorcci qui lui fait retrouver l'ampleur de sa voix et son brillant naturel en six mois.
Appliquant le sage prétexte de Beniamino Gigli qui disait la voix est comme une couverture, si vous voulez la tirez trop par en haut, vous découvrez par en bas, il ne force pas inutilement le registre grave de son organe. En 1939, il fait ses débuts dans Cavaliera Rusticana de Mascagni à Pesaro. L'année suivante, il passe une audition à Milan au Théâtre Puccini et le directeur, Poli, après avoir entendu Addio fiorito asilio de Butterfly dePuccini s'écrie : Si je ne t'engage pas, je suis un imbécile et cela, je ne le serai jamais! Ainsi, il a son premier contrat pour quatre représentations de Butterfly puis, ensuite, une série de Traviata de Verdi et surtout Des Grieux dans la Manon Lescaut de Puccini à Pise sous la direction d'Antonino Votto.
De 1943 à 1946, il prend peu à peu possession de tout son répertoire. L'année 1946 marque une étape importante dans la carrière du ténor qui retrouve à Trieste pour André Chénier de Umberto Giordano, Renata Tebaldi qu'il a connue quelques mois plus tôt à Pesaro.
À Trieste en février 1946 avec Tebaldi, ils font un triomphe dans l'ouvrage d'Umberto Giordano. C'est avec Elisabetta Barbato qu'il enregistre pour la firme « His Master Voice ». Au cours du mois d'août 1946, il apparaît à la réouverture des arènes de Vérone aux côtés de Maria Pedrini (Aïda) et Elena Nicolai (Amnéris). Deux mois plus tard, il se produit d'abord au Teatro San Carlode Naples puis au Covent Garden de Londres où il chante Tosca de Puccini pour la première fois sur une scène étrangère le Mario Cavaradossi le plus romantique venu au Covent Garden. En février 1947, il interprète un grand Don José dans Carmen de Bizet à Naples sous la direction de Vincenzo Bellezza puis avec un succès identique Manon Lescaut, Fedora de Giordano et encore Carmen mais à l'Opéra de Paris.
En Amérique du Sud (Rio de Janeiro et Buenos Aires), il interprète La Fiancée de l'Ouest de Puccini et le Mefistofele de Boito. À son retour, il tourne un premier film policier L'homme aux gants gris où il chante quelques airs d'opéras puis, par la suite, il interprète de très nombreuses productions consacrées en particulier aux bibliographies de compositeurs italiens ainsi qu'aux débuts de Caruso. Il est le partenaire de Gina Lollobrigida dans la Belle des Belles.
Au cours de l'année 1948, il chante à la Scala de Milan Des Grieux puis André Chénier devenu l'un de ses chevaux de bataille où le compositeur Giordano, lui-même, le conseille dans son interprétation du poète en annotant une partition de sa propre main qu'il conservera précieusement. En 1949, lors du premier anniversaire de la mort de Giordano, il est choisi avec Maria Caniglia, Fedora Barbieri et Paolo Silveri pour une grandiose exécution de l'œuvre dirigée par Victor de Sabata. La même année, l'Opéra de Rome l'accueille à nouveau pour une série de représentations de Carmen avec la française Denise Scharley. En juin 1950, il interprète son premier Otello au Colon de Buenos-Aires avec Carlos Guichandut et Delia Régal puis il débute à San Francisco dans Aïda. Il participe à quatre saisons à New York : deux fois avec Aïda, une fois avec Norma de Bellini (aux côtés de Maria Callas), une fois avec Tosca.
En 1952, il signe avec la firme Decca un contrat qui le lie pour 20 ans à la grande firme de disques. La saison 1953-1954, il interprète La Wally d'Alfredo Catalani avec à ses côtés Renata Tebaldi et Gian-Giacamo Guelfi et chante Otello à Milan avec Léonard Warren et Tebaldi puis à Paris sous la direction d'André cluytensencadré par Géori Boué et René Bianco. Il parraine le 29 octobre 1954, une autre grande soprano, Maria Callas pour sa représentation à New York de Norma ce qui lui fait dire : Ainsi, j'ai tenu sur les fonts baptismaux du Met aussi bien Callas que Tebaldi.
En avril 1957, il joue Otello sous la baguette d'Herbert von Karajan avec Léonie Rysanek en Desdémone et Anselmo Colzani en Iago à l'Opéra de Vienne. En 1959, il reçoit la grande médaille de l'ordre académique de Lénine à la suite d'une série de représentations de Carmen et Paillase de Ruggero Leoncavallo au Théâtre Bolchoï de Moscou.
La ville de Paris lui offre la grande médaille d'argent pour son interprétation de Samson de Camille Saint-Saëns au Palais Garnier en mai 1960. Fin 1963, partant pour Munich, il est victime d'un accident de voiture d'une telle gravité que tout le monde le croit perdu pour l'opéra. Le 5 août 1964, huit mois après son accident, il rechante à Torre del Lago (dernière demeure de Puccini), Mario Cavaradossi aux côtés de La Floria Tosca d'Anna Cavalini et de Scarpia de Tito Gobbi.
Au cours de sa tournée américaine, il chante Samson aux côtés de Rita Gorr. Puis l'essentiel de sa carrière se déroule sur la scène de la Scalade Milan et au Metropolitan Opera, dans les années suivantes avec quelques apparitions en Allemagne à partir de 1962 (La Walkyrie de Richard Wagner à Stuttgart en 1966). Il chante une dernière fois en 1973 pour le centenaire de la naissance de Caruso et se retire après avoir incarné 427 fois le rôle d'Otello. Son fils, Giancarlo (né en 1945) mène une carrière de metteur en scène lyrique.
Ténor verdien au tempérament vaillant, propre aux rôles héroïques, il s'est hissé au tout premier plan de l'actualité artistique, sans autre moyen que sa voix, son travail et sa persévérance. Il a su faire étalage de ses qualités d'homme au sens le plus noble du terme. C'est certainement pour cela que le public a toujours vu en lui l'incarnation du héros lyrique à prédominance dramatique capable par la sincérité de son art de l'atteindre à son point le plus sensible : le cœur.
Vous êtes née dans une famille d'artistes ? Pas du tout. Non, à part ma grand-mère paternelle qui aimait le chant, une Française née à Paris. Dès son lever, elle descendait, elle se mettait à son piano, elle avait poudré ses cheveux et elle en jouait. Elle avait un frère qui jouait du violon, dans sa famille, ils étaient mélomanes et même, pour certains, musiciens mais personne ne chantait.
Avaient-ils des disques d'opéra ? Non. Vous pensez ? A l'époque, pour la bourgeoisie, ceux qui faisaient de la scène, c'était presque comme le théâtre au temps de Molière ! Quand j'étais petite, je me souviens, j'allais voir ma grand-mère paternelle, c'était pendant la guerre, et elle me disait « Toi, tu chanteras ma petite, allez, chante ! » je me mettais sur son lit et je vocalisais (vocalises de la Reine de la Nuit), ou des vocalises de Lakmé, et elle me disait, « Tu chanteras, ma chérie, toi, tu chanteras. Il faut faire du solfège, il faut faire de la musique. » Et puis voilà? Elle vous a encouragée ? Oui. Et peu de temps après, la pauvre, elle est morte, malheureusement. Donc elle ne vous a pas vue sur scène ? Non, ah, non... Et quel a été le déclic ? Le déclic je crois que c'était en moi, que j'ai toujours voulu chanter. c'est elle qui me l'a insufflé... Une vraie vocation. Et il y a quelqu'un qui vous a confirmé que vous aviez une voix ? C'est très compliqué, cette histoire? Donc j'avais un grand père qui était Autrichien, Otto Garner, et qui était le patron du grand hôtel Garner à Leoben en Autriche. Et puis, après il est venu en France et s'est fait naturaliser français. Il est devenu directeur de l'Hôtel Astoria à Saint Pétersbourg et de l'hôtel Majestic à Paris. Quand il dirigeait l'Hôtel Majestic, il est mort alors que mon père n'avait que dix-sept ans. C'était l'aîné. Mon grand-père était un homme terrible, et n'admettait pas que ma grand-mère arrive dans l'hôtel en poussant le landau : « Mais Kesque fous faites Gabrielle, cela ne se fait pas !! » Il y avait des nurses pour les enfants, des valets de pied, des domestiques dans la propriété. Quand il est mort la grande fortune n'a pas résisté longtemps, ma grand-mère n'était pas une femme d'affaire et d'après ce que j'ai entendu le parrain et la marraine de mon père y seraient pour quelque chose. Enfin, le jour où on lui a volé tous ses bijoux sa santé n'y a pas résisté. Les personnes qui ont racheté l'hôtel à ma mère ne pouvaient pas avoir d'enfants ; ils ont vu notre situation familiale (mon père et ma mère s'étaient fiancés à 17 ans et mariés à 22). Ils ont eu ma soeur, moi, mes deux frères. Ma mère était très fatiguée et déprimée et ces personnes ont dit « On va prendre cette petite avec nous. » Ce sont ceux qui m'ont aidé et m'ont en partie élevée. Ils ont suivi l'idée de ma grand-mère, ils m'ont fait apprendre le solfège, le piano. J'étais chez Madame Samuel Rousseau et cette dernière a dit un jour à cette dame que j'appelais Mamie, « Vous savez, cette petite a une voix, il faut absolument qu'elle fasse du chant et lui trouver un professeur.» A Marseille où nous étions allés habiter avec mes parents, mon premier professeur a été Madame Mireille Sabatier, qui a terminé sa carrière en chantant Werther à Marseille. C'est elle qui m'a donné mes premières leçons de chant. C'est la première qui m'a parlé du souffle et de l'ouverture vers l'arrière pour les sons suraigus. C'était vraiment un bon professeur. Elle était également le professeur de Gines Sirera avec lequel j'ai chanté Traviata à Marseille. Un jour elle a dit : « Il faut maintenant qu'elle parte en Italie. » A ce moment, on donnait à Paris Mozart de Reynaldo Hahn avec Graziella Sciutti. Mamie est allée la voir et lui a demandé qui était son professeur. Graziella a répondu que c'était Madame Maraliano Mori au Conservatoire de Rome. Je suis partie à Rome, j'ai fait une audition, et je suis restée à partir de 1954, pour des cours privés pendant deux ou trois ans. Elle était professeur au conservatoire mais elle donnait des cours privés ? Au conservatoire où finalement après audition je suis restée encore trois ans. J'ai fait les diplômes pour être professeur de chant car lorsque j'ai passé mon premier examen, le directeur a dit « Cette petite ne chantera jamais, elle a une trop petite voix. » J'étais désespérée, je pleurais, je pleurais... Une nuit, j'ai rêvé de ma grand-mère qui me disait « Ma chérie, ne t'inquiètes pas, tu feras une carrière... » Depuis, elle ne m'a plus jamais parlé... J'ai continué de travailler. Pour être professeur de chant, il fallait le diplôme de solfège, d'harmonie, de piano, d'histoire de la musique, de littérature, de géographie... c'était très dur et stressant... Un jour on a trouvé que j'avais fait des progrès et j'ai préparé en même temps le diplôme de chanteur. Je suis rentrée en France et je me suis présentée au concours pour l'Opéra Comique. Donc là, c'est Le Dernier sauvage de Menotti ? Oui. c'était mes débuts... Ah, non ! Je suis partie à Vienne deux ans pour étudier avec Madame Ludwig, la mère de Christa, qui était cantatrice elle aussi, et l'été, j'allais à Salzbourg pour continuer de travailler avec elle. On n'arrête jamais d'essayer de se perfectionner. Au festival de Sazlbourg, j'ai donné un concert dirigé par Paumgartner dans les airs pour colorature de Mozart. Ensuite, j'ai préparé le concours de l'Opéra Comique et j'ai été prise. Ma grande chance, cela a été de faire partie de la troupe parce qu'on apprenait le métier. Le Menotti, c'était le premier grand rôle, mais ensuite j'ai attendu trois ans avant de chanter de nouveau un rôle un peu important. j'ai fait la voix dans Mireille -à 20h30, j'étais au théâtre pour monter dans les cintres à minuit moins le quart. Dans Mireille il y avait De Pondeau, Esposito, Guiot, Caroline Dumas, Jacqueline Brumaire... Geori Boué, je l'ai entendue pour ses adieux dans Werther. Dans la troupe, nous étions nombreuses. J'admirais Mady Mesplé, il y avait également Eda-Pierre... Chaque fois on me faisait apprendre des rôles pour être doublure ou triplure. Il y avait une alternance ? Non, on me faisait apprendre le rôle au cas où. On me disait, « Tu sais, je ne suis pas très bien... Prépare-toi... » et puis au dernier moment... (rires) Elle était toujours très bien. Il fallait rester chez soi et attendre. Mais on apprenait son métier. On avait de grands pianistes, Madame Gedda, Mlle Martinet, Mme Féjard, Madame Cochet. C'est avec ces chefs de chants qu'on apprenait le répertoire. Les rôles que j'ai appris à l'Opéra Comique, je ne les ai jamais oubliés. J'ai chanté : Lakmé, Les noces de Jeannette, Les Noces de Figaro (Suzanne), Les Pêcheurs de perles, la poupée des Contes d'Hoffmann, Lucia di Lamermoor. Entre temps, j'étais retournée à Vienne pour un récital avec Eric Werba. Une année, je devais faire la voix dans Don Carlos. j'étais ravie, c'était mes débuts à l'Opéra de Paris. Un chef me convoque dans son bureau et voilà qu'il ferme la porte à clé ; il me fait comprendre qu'il doit aller à tel endroit et que si je voulais y aller aussi... et si et si et si... J'ai refusé, alors il m'a enlevé le rôle. J'étais désespérée et j'ai fait un scandale. Je suis allée voir Bondeville [le compositeur et directeur de l'Opéra de Paris] et je lui ai dit : « Voilà ce qui se passe, monsieur le directeur. Il a voulu me pincer les fesses, je n'ai pas voulu le faire, et il m'a enlevé le rôle. » Bon Dieu, il était plié en deux de rire et m'a répondu : « Ne vous inquiétez pas, vous aurez votre revanche. » Un mois après, je faisais Rigoletto. Et qui chantait le rôle de Rigoletto ? Massard ? Oui, Robert Massard, Matteo Manuguerra, Julien Haas, Henri Peyrottes... Henri Peyrottes, il aurait démoralisé un régiment... Mais quelle belle voix ! Et les séries de représentations étaient longues ? Vous savez quelquefois, le dimanche, on avait après midi et soirée à Comique. Ah, vous assuriez les deux représentations ? Non. C'étaient des séries très longues toujours avec la troupe. Les Français passaient en premiers et de temps en temps on invitait un étranger. Ce fut un désastre la fermeture de cette salle. Oui, avec Liebermann. Oui, évidemment. Maintenant, les troupes c'est fini. Même pour les théâtres de province qui aujourd'hui sont souvent régis par les impresarii... Avant, les directeurs nous téléphonaient directement. Mais à l'époque où vous avez débuté, Gilda, vous aviez un agent ? Non. Vous n'en avez jamais eu ? Si, un peu plus tard. Monsieur et Madame Ribera pour la France et Alberto Mainenti pour l'Italie ainsi que Michel Glotz, pendant dix ans, qui m'a fait faire deux choses. Alors, je lui ai écrit en lui disant que je n'acceptais pas cela. Quand même ! Il ne faut pas prendre les artistes pour des... Alors, cela a été fini. A une époque, je n'avais pas tellement besoin d'impresarii parce que les directeurs me téléphonaient directement. Ensuite, j'ai eu la chance qu'il y ait madame Ingpen à l'Opéra. 1977 marque le début de ma carrière internationale, avec le Comte Ory dirigé par Maître Plasson. Il y avait Sénéchal... Il y avait Sénéchal... Ce rire... j'en étais malade. Vous l'avez refait à Genève aussi ? Oui, la dernière série. Il y a eu neuf représentations : Hugues Gall était directeur. La dernière scène dans le lit, avec Sénéchal en chemise de nuit, avec le bonnet de nuit et la bougie, entre Renée Auphan et moi, c'était à mourir de rire. Dans les coulisses, je lui disais « je ne te regarde plus... »
Mais c'était une rareté à l'époque, le Comte Ory ? C'était une création. Nous l'avons créé à l'Opéra Comique. Lorsque le Festival d'Aix a donné cet opéra on a dit à la radio que c'était une création ; j'ai téléphoné à France 3, pour leur dire que cet opéra s'était donné bien avant, à l'Opéra Comique avec Eliane Manchet, Sénéchal, et Bisson puis avec Mallabrera et moi. On a plus dit dans les journaux que c'était la création... Il faut remettre les pendules à l'heure. Absolument. Pour cet ouvrage, j'étais prise comme doublure, mais je ne devais pas faire un spectacle. Donc j'y allais avec mon ami, (« mon mari et mon maître », comme dans la chanson). On assistait à toutes les répétitions, mais au bout de trois semaines de répétitions, on en avait assez... Mais on a l'habitude de dire que les productions se montaient rapidement à l'époque. Pensez vous ! Pas à l'Opéra comique, cela durait un moment... Il y avait dix spectacles... Et la pauvre Eliane Manchet qui avait une très belle voix était souffrante. Elle allait chez le docteur, et mon ami, en bon italien, disait « Mamma mia ! » On en avait assez. Je demandais au metteur en scène de me faire répéter, et il me répondait : « Non, non, vous n'avez qu'à regarder les autres » je répétais seule dans mon appartement, devant la glace. Et un jour, j'arrive. La répétition était avec orchestre puis, tout d'un coup, tout le monde à mes pieds. « Madame Garner, est-ce que vous êtes prête ? » Bien sûr, j'étais prête. J'ai fait la répétition musicale et l'orchestre a applaudi. C'était Michel Plasson qui dirigeait. Le temps passe. Eliane Manchet rechante. Générale en costumes. « Madame Garner, Madame Garner... » J'ai fait la générale en costumes, sans me tromper une seule fois. Madame Ingpen est descendue, et m'a dit « Monsieur Liebermann a dit que vous ferez les premières. ». Si je me souviens bien, j'en ai fait six. Michel Plasson m'a voulue ensuite à Vérone pour Roméo et Juliette, j'ai donc étais la première cantatrice française à se produire dans les Arènes. Et cela s'est enchaîné. l'année suivante, j'y ai également chanté Butterfly et pour mon interprétation on m'a décerné le Puccini d'Or. Enfin il y a eu toujours à Vérone Traviata. Et la Scala ? Pareil, en 1977 dans Faust, avec Kraus et Ghiuselev, dirigé par Georges Prêtre dans la mise en scène de Jean-Louis Barrault, qui était magnifique. Donc, c'était le bouche à oreille de directeurs, qui faisaient vraiment leur travail de direction artistique... Oui, après cette époque, je continue ma carrière. M. Duffaut me téléphonait ainsi que Monsieur Grinda, Monsieur Aymé, Monsieur Cabourg puis Paul Ethuin : « Françoise, est-ce que vous êtes libre ? » Les choses se sont enchaînées, les années ont passées, Madame Ingpen était toujours à l'Opéra. Je pars en vacances un été, en Italie avec des amies et Tanino. On arrive à l'hôtel et quelques jours après, coup de fil « Allo, c'est Madame Ingpen au téléphone. J'ai su que vous étiez là, est-ce que vous pouvez faire une audition à Salzbourg pour le Met, pour Maestro Levine, parce qu'on cherche une Konstanze (en allemand) ? » Evidemment, nous voilà partis. Vous l'aviez à votre répertoire, Konstanze ? Oui, oui, je l'avais déjà chanté à Tours, et puis je devais le faire à Dijon mais M. Grinda m'avait gentiment libérée pour la Scala. Cela suppose qu'on savait toujours où vous étiez. Oui, bien sûr. Nous sommes allés à Salzbourg. Evidemment, l'audition, à l'époque est passée par l'agence Glotz, c'est Madame Moroni qui s'occupait de moi. Le lendemain de mon arrivée, j'avais l'audition. J'ai attendu très longtemps et Tanino, en bon italien, s'est impatienté parce que le temps passait. Il me dit, « On s'en va ! » Je lui dis « Ah, non, on ne part pas !! Je suis ici, je fais l'audition. » Il commence à s'énerver, « On ne te respecte pas, on te fait attendre... » Je lui dit « Tanino, moi, je reste » On me fait passer en dernier, Je me souviens, c'était le décor du Songe d'une nuit d'été. C'était de l'herbe. Sur scène, on s'enfonçait, alors j'ai dit « excusez-moi » et j'ai enlevé mes chaussures... (rires) Il y avait James Levine, très sympa d'ailleurs. Et j'ai chanté Linda de Chamonix et les Pêcheurs de perles. Et j'ai été engagée. J'ai enchaîné avec Les Puritains, toujours au Met avec Fisichella, S. Ramey, et S. Milnes, sous la direction de R. Bonynge. Ensuite, je l'ai chanté à bordeaux, toujours avec Fisichella et Zancanaro. Et les grands moments ? J'ai vu qu'à Rio de Janeiro, vous aviez créé du Milhaud. Oui, c'est très beau d'ailleurs... Saint Louis, roi de France. Sur un texte de Joinville. Il y avait un orchestre sur scène et un autre dans la fosse. C'était très intéressant, et je ne l'ai redonné qu'une fois, en concert à Rouen. Cela doit coûter très cher à faire, étant donné qu'il y a deux orchestres. A la suite de ça, Darius Milhaud m'a donné ses mélodies, que j'ai chantées au Festival d'Aix du temps de M. Dussurget qui m'a aussi engagée dans la Reine de la nuit. Darius Milhaud est venu m'entendre dans un fauteuil roulant, le pauvre. J'ai travaillé ses mélodies avec Pierre Bernac, et les mélodies de Poulenc, avec Poulenc lui-même. Et les Dialogues, vous les avez chantés, aussi ? Oui. La nouvelle prieure, c'est le rôle que je préfère. P. Bernac avait fait le voyage quand je l'avais chanté en Avignon dans une mise en scène de Margharita Wallmann. D'après les photos, cela avait l'air magnifique. Oui. Et l'échafaud, on ne le voyait pas, on ne voyait que les escaliers, mais chaque fois qu'une tête tombait, il y avait un accord à l'orchestre. Ah, c'était terrible ! Et vous parliez des grands partenaires, vous parliez d'Aragall...
Oui, c'était une des plus belles voix... Bon comédien. Par contre, avec Kraus, on était transparent. Il n'était jamais le personnage, il était Kraus, et puis c'est tout. Belle voix, belle technique mais pas de chaleur. En France, il y avait Alain Vanzo qui possédait aussi une voix magnifique et qui était un adorable partenaire. Je pense aussi à Charles Burles et à Mallabrera. Comme baryton, je veux citer Michel Trempont, Robert Massard et Ernest Blanc. C'était les beaux jours de l'Opéra Comique et de l'Opéra.
Vous avez fait Faust, les Contes d'Hoffmann, Traviata avec A. Kraus et G. Aragall. Comment êtes vous passée du répertoire de soprano léger à celui de soprano dramatique ? Avec l'âge. Et grâce à Tanino. Je chantais Lakmé et le contre-mi bémol me donnait du souci. J'avais fait la Reine de la nuit. Enfin, je préparais Rigoletto à Toulon avec Schiavi. On répète et je vois un monsieur qui ressemblait à Pierre Brasseur et qui faisait la moue quand je chantais. Je me dis « Mince alors, mais que se passe-t-il ? » Je le revois à la première représentation, j'essayais de le faire parler, alors, je passais devant (Ombre légère et passagère)... il ne dit rien. Et puis bon, le destin. J'allais toujours dans une pizzeria et lui, toujours chez Mimi à Toulon. Ce jour là j'ai voulu changer et aller au café, mais il y avait une fumée terrible et on est retourné à la pizzeria. Tanino et Schiavi arrivent, Chez Mimi est fermé. On se retrouve à la pizzeria. Et puis, je vois cet homme, attablé. Je vais le voir, et je lui dit, « Maître, puis-je vous parler ? » Je lui demande ce qu'il pense de ma voix. Et il me dit « La voix est belle mais tout est à refaire. Vous n'avez pas les graves... » Je lui dit : « Bon, alors donnez moi une leçon demain. » Il me donne un cours, me fait faire des vocalises, et puis je ne savais pas faire les sons de poitrine, on ne sait pas faire cela en France. Ce n'est pas parce qu'on a la poitrine, qu'on ne sait pas faire les aigus. Mais ici, on met le grenier avant la cave. Il m'a donné des résonances de poitrine et je me sentais bien. Il repart mais je me dis « cet homme, il faut que je le revoie ». Il donnait des conseils à la Scala et quelquefois on l'appelait vers onze heures du soir : « viens vite, Tanino, j'ai un problème. » Il prenait sa voiture et il partait. Je pars à Monza étudier avec lui mais j'avais un rhume terrible, une trachéite. Je me dis, « qu'est-ce que je fais ? c'est ma chance, peut-être, cet homme ne va pas me croire si je lui dis que je suis malade, il va penser que je raconte une histoire pour ne pas y aller?il verra dans quel état je suis, je vais travailler Traviata, cela tombera bien ! » Je toussais après chaque note. Il faisait un temps terrible, de la neige, je glisse, je tombe ! Malgré tous ces problèmes, il m'a fait travailler. A la suite de ça, j'avais toute une série de Pêcheurs de perles à Gand ; je lui demande de venir avec moi car je ne voulais pas perdre ce qu'il m'avait enseigné. Il me le disait "un défaut se prend en un soir et il faut six mois pour le perdre..." Il m'a suivie jusqu'à sa mort (à la suite d'un cancer), pendant douze ans. Et c'est là qu'a commencé un nouveau tournant dans ma carrière. Quand on dit qu'il ne faut pas les sons de poitrine ça m'amuse... Et comment qualifieriez-vous cette technique que certains appellent « française » ? Ce n'est pas vrai, il n'y a pas de technique française. Il n'y a qu'une, la bonne. Mais il y a plusieurs styles. Le style français, c'est-à-dire, pas de portamento, pas de sons trop couverts, c'est une langue assez blanche mais il faut le chanter, quand même, comme en italien, la voix libre de la poitrine aux aigus. Par contre, le style italien, la couverture, les résonances de poitrine, car on peut faire de la poitrine sans écraser. Finalement, pour l'allemand, c'est un peu tubé. Ils confondent tous ici, technique et style. Et quand on lit certains éminents critiques de la presse spécialisée qui parlent de la disparition de la « grande technique française », depuis la mort de Ninon Vallin etc... Quand on est mort, on a toutes les qualités. Et puis on peut écrire de grands livres sur la technique et être incapable de chanter. Je pense qu'il est presque impossible d'écrire de grands livres sur la technique car, comme je le disais, il n'y en a qu'une, la bonne qui se résume en peu de mots, mais certains détails doivent s'adapter à la morphologie des élèves. Il parlait de format vocal, de couleur et de technique ? Oui, pas serré mais grand et libre. Mais pour la musique baroque, ce n'est pas qu'une question de puissance, mais de style. On peut avoir le style et chanter du baroque avec la voix. Les voix doivent remplir tout un espace. Et quand on chante dans des lieux aussi immenses que Vérone et Orange? Ce la passe merveilleusement bien parce qu'il y a une acoustique formidable. Malheureusement, à Orange, un vent terrible. Quand j'ai chanté Hérodiade à Orange, un remplacement au pied levé de Montserrat Caballé souffrante, il faisait un vent et un froid terrible. Ceci dit, j'aimerais bien retourner à Orange, ne serait-ce que pour un récital. Je suis restée sur ma faim. Orange, c'est beau. c'est superbe. Un autre beau souvenir, c'est Faust au Palais des Papes, dans la cour d'honneur... Il y avait un vent épouvantable, mon père était parti tellement il faisait froid et moi je chantais en haillons au dernier acte. Pourtant je n'ai pas attrapé de rhume. Quand on est dans le rôle, on n'y pense pas. Et c'était très beau comme mise en scène. Et ensuite, on l'a fait à Montréal toujours grâce à Monsieur Duffaut. Ah, la Marguerite de Montréal. Oui, avec Fisichella, Massard, Auphan et Pierre Thau. Monsieur Duffaut a été très important dans votre carrière... Oui, ainsi que Gabriel Dussurget, Monsieur Aymé, Monsieur l'Huillier, Jean Cabourg, Paul Ethuin, Gérard Boireau, Michel Plasson. C'est grâce à lui si je suis allée à Vérone pour chanter la Juliette de Gounod avec Luchetti, Leo Nucci, F. Barbieri. L'année d'après, j'avais loué un studio à la mer, pour me reposer car je devais chanter Butterfly à Aix. Butterfly devait se donner à Vérone. Je dis à Tanino, « on va y aller, pour voir un peu le spectacle » Je suis dans la loge (car on a droit à une loge à vie quand on y a chanté) et des amis me disent que je devrais le chanter aux Arènes de Vérone ; je leur réponds que ce serait fou. Mais à l'entracte, Tanino arrive en courant et me dit « Capelli veut te voir et m'a demandé si tu peux faire Butterfly et auditionner » Le lendemain j'auditionne, tout d'abord au piano, puis avec le chef de chant, puis avec le chef d'orchestre et on me dit « dans quinze jours, c'est votre tour. » J'ai fait quatre représentations. C'est souvent arrivé dans ma carrière, des coups de chance, de hasard.
Après vous avez fait Traviata, toujours à Vérone... Oui, avec Bruson. j'aurais également dû chanter Norma, mais malheureusement le directeur est mort et tout a changé.
Et Norma alors ? Je l'ai chanté à Toulon, à Rouen, à Dijon... et Sydney. On va parler de Monsieur Aymé... Oui. C'était la chance, car si on chantait pour lui, on chantait dans cinq théâtres. Mais pour arriver à chanter à Nice, il fallait faire ses preuves avant. Il y avait Montpellier, Béziers, Perpignan, Nice et Toulon, et les Arènes de Nîmes, où j'ai chanté Micaëla. On se retrouvait entre le taureau et le chanteur ! (rires) Oui, vous me disiez que quand la saison tauromachique était bonne, les cachets étaient plus élevés ! Oui, et pour Carmen, il y avait une vraie mise à mort, et pour Mireille, il y avait la course camarguaise. Maintenant, les directeurs passent par des impresarii, à part M. Duffaut, qui m'a contacté directement (mais il y a trente ans que nous nous connaissons). Il me prend peut-être par amitié, mais aussi parce que (je l'espère) j'ai un peu de talent. Et à Nice, qu'avez-vous chanté ? Lakmé, les Contes d'Hoffmann, le Barbier et les Pêcheurs de perles. Et à Nîmes ? J'ai fait Rigoletto à mes débuts avec Gustave Botiaux et Ernest Blanc. Ernest blanc, quelle belle voix de baryton ! Quel bel artiste et bon camarade. Son fils est chef d'orchestre et je sais que c'est pour lui une grande joie. Mais vous avez chanté sur tous les continents. Les lieux les plus exotiques, quels étaient-ils ? Rio, Santiago (Manon), New-York, Montréal, Sidney, Barcelone, Madrid et presque dans toute l'Italie Vous m'aviez parlé des particularités du public du Met... Quelle horreur ! On était allés entendre Tosca avec Bonisolli, Juan Pons... Les gens ne réagissent pas du tout, ils s'en vont petit à petit. Cela a fini demi salle. Et lui, quand il est mort, je ne vous dit pas les bonds : il a roulé, on était mort de rire. Il était complètement fou mais... belle voix. J'ai fait un Faust avec lui à Monte Carlo ; il était vexé parce que mon nom était avant le sien sur l'affiche. Il disait que je faisais partie d'une mafia. (rires) Alors il a dit à Grinda que c'était inadmissible ! Mais Grinda riait. Et aujourd'hui, vous êtes également professeur ? Oui, de temps en temps, tout en continuant de chanter. J'ai fait un récital en Avignon en 2001 et Tosca en 2003. Je suis reconnaissante à Monsieur Duffaut qui n'a pas tenu compte de l'âge, car souvent maintenant le physique et l'âge comptent plus que le talent... Cet été, je suis retournée à Lamalou pour un concert. J'y avais chanté Manon et Traviata à mes débuts. Et c'était mignon comme tout, car les antiquaires avaient donnés les meubles pour les décors. Il y a peut-être de petits théâtres mais il n'y a pas de petits publics. Ces festivals qui donnent du bonheur aux artistes et au public devraient être aidés et avoir plus de subventions, de même que pour tous les théâtres de province qui programment du lyrique. j'espère qu'un jour le gouvernement comprendra qu'il faut les aider davantage.
Est-ce qu'il y a des rôles que vous avez aimé plus que d'autres ? Oui. Butterfly et Norma. C'est votre grand regret de ne pas l'avoir chanté plus souvent ? Oui. j'aurais voulu faire mes adieux dans un de ces rôles. Traviata, cela ne vous a pas marquée ? Si, mais la plus belle mise en scène était celle d'Avignon. j'aime les rôles dramatiques où l'on peut jouer vraiment. j'ai toujours préféré le deuxième et le troisième acte dans Traviata. c'est là où je m'éclate comme dans le Trouvère, au Miserere. Vous avez chanté des raretés pour votre époque. J'ai vu une Ritade Donizetti à Gand. Mon Dieu, j'en ai chanté une autre, le Duc d'Albe. On ne l'a plus jamais donné en France. Mais je n'ai aucun regret de rôle : je n'ai jamais voulu chanter ce qui ne me plaisait pas. Par exemple, je n'ai jamais voulu chanter l'intégrale de Linda di Chamounix, je faisais l'air dans le Barbier, cela faisait un triomphe... Ou encore en bis en récital. On n'est pas convainquant quand on n'y croit pas soi-même ? Oui, c'est cela. Si je ne peux pas rentrer dans le rôle, si ne n'y crois pas, je ne le fais pas. J'aimais les rôles dans lesquels je peux m'épanouir. Hérodiade, le duo est très beau, avec le baryton, il y a de beaux passages. J'ai fait Thaïs avec Fondary à Montpellier. c'est tout à fait lui, dans Athanaël. Athanaël et Scarpia, c'est lui. Il a également chanté dans Hérodiade avec moi à Orange. Je n'ai jamais pu chanter Otello, car je trouve le rôle gnan gnan... J'ai refusé Guillaume Tell aussi, avec Pizzi au Théâtre des Champs Elysées, « Sombre forêt », il n'y a rien ! J'aime les rôles qui vont crescendo, où c'est tragique à la fin. Que diriez-vous aux contempteurs du chant français qui disent que ce répertoire là est finalement un peu mièvre, comme Lakmé ? Déjà, dans Lakmé, c'est en le chantant avec la voix... d'abord, le contre-mi n'est pas obligatoire, alors autant le chanter sans contre mi, avec une voix plus large. On peut avoir la voix large et des vocalises et des notes piquées, et ce n'est pas le contre mi qui donne l'émotion, c'est le médium qui donne l'émotion... Ce ne sont pas les cocottes... Le fameux duo avec Mallika, on ne comprend jamais rien. Mais c'est là où il faut le médium... Sinon cela fait gnan gnan, parce qu'on le chante de là à là, au lieu de le chanter de la cave au grenier... Avec les tripes. Et Gluck cela ne vous aurait pas tenté, ce genre de personnage ? Pas tellement, par contre j'aime bien la Comtesse, j'aime bien Susanna, j'ai fait aussi Donna Anna, à Reims. Avec M. Grinda. Donc, il y avait tous ces gens, comme Messieurs Aymé, Grinda, Cabourg ou Duffaut, qui ont fait la vie lyrique en France... Oui. Mais je n'ai pas terminé !! Que Dieu m'entende. Je n'ai pas fait mes adieux scéniques, et je donne aussi des récitals ; j'ai un programme de mélodies, qui avait beaucoup plus à Bordeaux, il y a deux ans : Scarlatti, Paisiello, Bellini, Gounod, Massenet, Duparc, Hérodiade, Adrienne, Ernani... (Elle chante. ) J'espère pendant encore quelques temps donner du bonheur au public et de l'amour : c'est la technique du coeur !!!
Maria Callas est décédée il y a 30 ans, mais celle qui fut la plus célèbre cantatrice de la seconde moitié du XXe siècle, une tragédienne sur scène et à la ville, figure toujours au panthéon des amateurs d'opéra, et sa légende dépasse largement le cercle des mélomanes.
Le 16 septembre 1977, la soprano, née Maria Kalogeropoulos, s'éteignait à Paris à l'âge de 53 ans. "Les Dieux s'ennuyaient, ils ont rappelé leur voix", dira à chaud le couturier Yves Saint Laurent.
Depuis, les enregistrements de la Callas n'ont pratiquement jamais quitté le catalogue de son éditeur phonographique EMI, qui estime à 30 millions le nombre de disques de cette artiste vendus à ce jour dans le monde.
2007 offre à nouveau son lot de parutions de CD, DVD et livres, d'émissions spéciales à la télévision ou à la radio ainsi que d'hommages dans plusieurs maisons d'opéra.
"C'est ça qui est extraordinaire: trente ans après sa mort, Callas continue à parler à tous, même à ceux qui n'étaient pas nés lors de sa disparition", explique à l'AFP Alain Lanceron, vice-président d'EMI Classics.
Les raisons de la fascination qu'exerce encore le personnage tiennent d'abord au pouvoir de séduction d'une voix singulière, sans doute pas la plus belle de son temps, mais dont Callas a su transcender les imperfections à force de travail.
Née le 2 décembre 1923 à New York de parents émigrés de Grèce, Maria Kalogeropoulos -- nom simplifié en Callas en 1926 --, part étudier au Conservatoire d'Athènes dès 1937 auprès de l'Espagnole Elvira de Hidalgo, qui lui transmet un art du chant de haute école.
Sa carrière connaît une impulsion décisive à la faveur de ses premiers pas avec le chef italien Tullio Serafin (1947) et de son mariage (1949) avec Giovanni Battista Meneghini, qui deviendra son agent: tous deux contribueront à faire de l'ancienne adolescente rondelette et mal dans sa peau une chanteuse élégante, qui brûle les planches et que la planète lyrique s'arrache.
"La Callas" est née. Les années 1950 concentrent les plus fortes incarnations vocales de cette "prima donna" qui habite chaque rôle d'une présence dramatique alors inhabituelle pour une cantatrice.
Callas s'épanouit en tragédienne lyrique ("Médée" de Cherubini) et encourage avec une grande intelligence stylistique la renaissance du bel canto (à l'exemple de la "Norma" de Bellini et de son fameux air "Casta diva", qui lui est immanquablement associé).
Phénomène vocal sans vraie descendance qui se complaît sur trois octaves et demie, elle est soprano colorature en même temps que dramatique, Lucia (Donizetti) et Isolde (Wagner) voire Carmen (Bizet). Un emploi colle à cette voix mutante: le rôle-titre de "La Traviata" de Verdi.
Le mythe Callas se nourrit aussi d'aspects moins musicaux, notamment depuis son union dans les années 1960 puis sa rupture avec l'homme d'affaires grec Aristote Onassis, qui fait les délices des journaux à scandales, à l'heure où son rayonnement vocal décline.
"D'abord j'ai perdu du poids, ensuite j'ai perdu ma voix, et puis j'ai perdu Onassis", dira-t-elle avec ironie. Retirée de la scène en 1965, Maria Callas est morte dans son appartement parisien du 36 avenue Georges-Mandel, où elle s'était enfermée en 1974, passant son temps à réécouter seule ses disques.
Un paradoxe veut que cette "actrice lyrique" que Visconti a mise en scène n'ait laissé que peu d'images de ses incarnations scéniques.
Alain Lanceron, d'EMI, y voit "un scandale" en même temps qu'une aubaine. "Le fait que les témoignages vidéo soient rares permet à chacun de fantasmer sa propre Callas et son propre théâtre", dit-il.
Luciano Pavarotti, ténor italien né à Modène le 12 octobre 1935, est l'un des chanteurs classiques les plus connus et appréciés du monde. Reconnu pour ses performances, il possède une des plus belles voix que l'opéra ait jamais connu.
Il est issu d'une famille d'un milieu modeste, d'un père et d'une mère boulangers. Il a quatre filles, trois avec sa première femme Auda (1962-), (1964-), (1976-); et une avec sa deuxième épouse Nicoletta Mantovani (première assistante/secrétaire): Alice (janvier 2003-). Il est aussi devenu grand-père (avril 2002).
Années 1960-1970 Sa carrière à l'opéra débute concrètement le 29 avril 1961 avec le rôle de Rodolfo dans La Bohème, en Émilie-Romagne. Dès ce triomphe, Luciano Pavarotti commence à se faire un nom dans toute l'Europe. Les choses évoluent très vite lorsque, un certain soir de 1963, on lui propose de remplacer à pied levé le ténor Giuseppe Di Stefano: le public du Covent Garden de Londres est sous le choc. Luciano Pavarotti a relevé le défi de main de maître. La Scala de Milan lui ouvre ses portes en 1965 grâce au majestueux chef d'orchestre Herbert von Karajan à qui il dit tout devoir. Il fait ses débuts en Amérique en février 1965 avec le Great Miami Opera aux côtés de Joan Sutherland. Peu de temps après, le 28 avril, il fait ses débuts à la Scala de Milan dans La Bohème mais aussi dans Rigoletto un opéra où il campe le Duc de Mantoue, grand séducteur de femmes, rôle qu'il reprendra à de nombreuses reprises durant sa carrière. Après une tournée élargie jusqu'en Australie, il retourne à la Scala où il ajoute Tebaldo à son répertoire, le 26 mars 1966, avec Giacomo Aragall en Roméo. Son premier Tonio prend place au Covent Garden, le 2 juin 1966. Le 20 novembre 1969, il triomphe dans I Lombardi à Rome: c'est aussi son premier opéra enregistré et mis en vente par la suite ; il comprend aussi des airs de Donizetti et Verdi. Sa notoriété éclate aux États-Unis le 17 février 1972, avec La Fille du régiment, au Metropolitan Opera de New York. Le maestro parvient à enchaîner avec une facilité déconcertante les neuf contre-uts de l'air « Ah! mes amis, quel jour de fête! ». Cette interprétation lui valut 17 rappels, ce qui est exceptionnel dans le monde lyrique. Dès lors, ce succès au Metropolitan Opera est une référence dans la carrière de Luciano Pavarotti et l'opéra est de nombreuses fois retransmis par la télévision. Ainsi sa diffusion, en mars 1977, dans "Live from the Met telecat" crée la plus grosse audience jamais obtenue pour un opéra télévisé. Pavarotti gagne, parallèlement à ce succès, de nombreux Grammy Awards et disques d'or pour ses performances.
Années 1980-1990 Au début des années 80, il crée "The Pavarotti International Voice Competition" pour les jeunes chanteurs, et, à l'issue de chaque concours un récital où il chante avec les gagnants. Ainsi, en 1982, il chante sur des extraits de La Bohème et Un ballo in Maschera. Pour célébrer ses 25 ans de carrière, il invite les gagnants des concours en Italie pour un récital où il interprète des airs tirés de La Bohème, à Modena et à Gênes et ensuite, en Chine; il termine cette tournée au Great Hall of the people devant 10 000 personnes et reçoit un standing ovation pour les neuf contre-ut effectués avec aisance. Le troisième concours, en 1989, s'effectue sur des airs de l'Elisir d'Amore et un ballo in maschera. Le vainqueur du cinquième concours accompagne Pavarotti dans un récital à Philadelphie en 1997. Pour Luciano Pavarotti, l'année 1990 représente un tournant de sa reconnaissance internationale; cela débute lors de la coupe du monde de football en 1990 en Italie, l'air « Nessun dorma » de l'opéra Turandot de Puccini devient l'air officiel du championnat mondial. Tout au long des années 90, Pavarotti se produit dans de nombreux concerts "en plein air"; ainsi, le concert de Hyde Park à Londres attire une audience record de 150 000 spectateurs. En juin 1993, plus de 500 000 spectateurs et plus d'un million de télespectateurs asistent au spectcle du maestro en direct de Central Park à New York. Cependant, l'ascension de Luciano Pavarotti vers la célébrité n'est pas sans difficultés. Il gagne très vite dans le monde de l'opéra, le sobriquet de "roi des annulations": en effet, de par sa santé relativement fragile, Luciano Pavarotti est amené a décommander certains opéras. Cela provoque des problèmes avec certaines maisons d'opéra, comme le Lyric Opéra of Chicago avec lequel il entretient de très mauvaises relations.
Années 2000 En 2002 Pavarotti se sépare de celui qui a été son manager pendant 36 ans, Herbert Breslin. La séparation, virulente, est suivie, en 2004, de la publication d'un livre de Breslin intitulé "Le Roi et Moi", vu par beaucoup comme une œuvre en grande partie critiquable. Son habileté à lire la musique et à apprendre les rôles, sa conduite personnelle sont remises en question. Dans une interview en 2005 avec Jeremy Paxman sur la BBC, Luciano Pavarotti rejette l'idée selon laquelle il ne pourrait pas "déchiffrer" la musique, bien qu'il reconnaisse qu'il a parfois des difficultés à suivre les orchestres lorsqu'il interprète des rôles. Il reçoit le Kennedy Center Honors en 2001 et détient actuellement deux records Guinness: un pour avoir reçu le plus de rappels (soit 165) et le deuxième, pour les meilleures ventes mondiales d'album classique (concert des trois ténors/record partagé avec Placido Domingo et José Carreras). Plus récemment, il s'est marié avec son assisstante, Nicoletta Mantovani, qui lui a donné des jumelles. Suite aux complications au moment de la naissance, l'une d'elles seulement, Alice, a survécu. Pavarotti commence sa tournée d'adieu en 2004, à l'âge de 69 ans, en chantant, pour la dernière fois à travers le monde, les airs les plus connus et précieux de l'opéra . Pavarotti donne sa dernière performance à l'opéra au Metropolitan Opera le 13 mars 2004 : il reçoit 12 minutes d'ovation dans le rôle du peintre Mario Cavaradossi (Tosca de Giacomo Puccini). Le 1er décembre 2004, il détermine les 40 villes dans lesquelles il effectuera sa tournée d'adieu, produite par Harvey Goldsmith. Le 10 février 2006, Pavarotti interprète Nessun Dorma à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver 2006 à Turin en Italie. L'acte final de la cérémonie d'ouverture lui est réservé, sa performance reçoit ainsi la plus longue et la plus importante ovation de la nuit, par un public venu du monde entier. Cependant, notons que l'air avait dû être transposé un ton plus bas, vu son âge.
Les Trois Ténors Le 7 juillet 1990 que Pavarotti rejoint les ténors espagnols Placido Domingo et José Carreras pour former le trio lyrique le plus connu au monde. Ainsi, pour fêter la Coupe du monde de football qui se déroule en Italie, les trois ténors interprètent, devant les anciens Thermes de Caracalla à Rome, les airs d'opéra les plus connus, sous la direction du grand chef d'orchestre Zubin Mehta. Ce concert est devenu le support audio lyrique le plus vendu au monde. En 1994 les trois ténors se rejoignent à nouveau, toujours pour la Coupe du monde de football, cette fois à Los Angeles, devant plus d'un million de spectateurs et téléspectateurs, toujours sous la baguette du chef d'orchestre Zubin Mehta. Et puis en 1998, année où la Coupe du monde de football s'est établie en France, les trois ténors choisissent la Tour Eiffel pour leur concert, sous un majestueux décor signé par le producteur Tibor Rudas. Ce concert se fait sous la direction du pianiste virtuose et remarquable chef d'orchestre James Levine. Ils sont en direct devant un public cent fois plus important que celui de Rome, soit deux milliards de téléspectateurs dans le monde entier. Ce qui donnait un tour nouveau à la grande tradition était cette rencontre unique, qui démontrait aussi que la grandeurse présente sous des formes différentes. José Carreras a toujours incarné le charme, et la douceur de sa voix est à l'image de son physique; Placido Domingo, dont le timbre sombre va de pair avec une noblesse naturelle, est synonyme de puissance dramatique; Luciano Pavarotti, dont la personnalité démesurée est à la hauteur de sa voix conquérante, possède un éclat qui lui est propre. En somme, un trio au comble de la perfection. Remarquons aussi que les enregistrements audios et vidéos de ces concerts ont été vendus en nombre largement supérieur à ceux des Rolling Stones ou d'Elvis Presley.
Pavarotti and Friends Son tour de chant ne s'arrête pas aux majestueux concerts des trois ténors, loin de là ! Comme tout grand ténor qui se respecte, Luciano Pavarotti voue une grande partie de son temps aux concerts de charité et aux actions humanitaires. C'est au cours de ces fameux concerts en plein air que Pavarotti a chanté avec les plus grands chanteurs de ce monde autant dans le lyrique que dans la variété voire même jusqu'au rap. Ainsi, de 1992 à 2002, on peut compter jusqu'à sept concerts à portée humanitaire appelés Pavarotti and Friends. Tous ces concerts ont eu lieu en direct de la Piazza Grande de sa ville natale, Modena (Italie). Cependant ces derniers concerts n'ont pas qu'une portée caritative; ils permettent aussi à Pavarotti de s'exprimer dans un autre domaine que le sien : la variété; il a chanté avec les plus grandes voix de ce monde Elton John, Celine Dion, Joe Cocker, Sting... en tout, plus de 100 chanteurs, de tous horizons (jazz, gospel, rap, variété, et bien sûr, opéra). Par le biais de ces concerts, Pavarotti a permis à des millions de personnes d'entendre pour la première fois quelques-uns des plus grands airs d'opéra. Luciano Pavarotti est reconnu comme le premier ténor au monde à avoir réussi à si bien démocratiser l'opéra auprès du grand public. Ces émissions sont pour Pavarotti une invitation au monde extérieur à venir dans sa ville natale; il dit qu'il aime transformer sa ville en "Hollywood italien" : elle est donc devenue le rendez-vous quotidien des Italiens.
Quelques anecdotes sur la vie du "maître chanteur" Bien que beaucoup de personnes attribuent la réussite de Pavarotti à sa bonne étoile, on peut aussi remarquer que sa vie fut souvent jalonnée d'obstacles. Dès l'âge de 12 ans, Luciano Pavarotti a frôlé la mort : il avait attrapé le tétanos et était dans le coma. Lorsqu'il raconte cette anecdote, il dit que lorsqu'il a repris conscience, il a entendu des gens discuter autour de son lit. Ils disaient qu'il avait déjà reçu les derniers sacrements à trois reprises, que le prêtre reviendrait le lendemain, mais que, selon les médecins, il ne passerait pas la nuit. Il y a ensuite tous ses problèmes de poids qui le complexent fréquemment. Il est depuis l'âge de trente ans victime de surpoids, ce qui l'oblige à faire constamment des régimes à base d'eaux minérales et de fruits. Ces conditions lui posent souvent des problèmes, surtout maintenant qu'il a atteint un âge plus avancé. Ainsi, il a dû à plusieurs reprises subir des opérations aux genoux et au dos. Et récemment, le maestro a dû annuler une série de concerts de son "farewell tour" à cause de problèmes de santé. Cependant, les dernières nouvelles parlent d'un homme très en forme, qui se dit impatient de revoir la scène et le public. Luciano Pavarotti est réputé pour être un très bon cuistot et lorsqu'on lui parle de nourriture, il dit qu'il doit tout cela à son enfance et notamment à sa mère surnommée la "Mamma". Aussi, pour l'anecdote, lorsque Luciano Pavarotti se rend dans des hôtels, il demande à remballer la nourriture qu'il n'a pas consommée. Quant on le lui rappelle , il qualifie cette réaction "d'habitude de pauvres". La superstition est aussi une croyance qui occupe une grande partie de la vie de Luciano Pavarotti; ainsi, lorsqu'il voit un chat noir traverser le rue, il essaie de se persuader qu'il était blanc. Ses proches ont souvent confié aux médias que, lorsque Pavarotti arrive sur scène, il a un clou tordu en poche qu'il a préalablement déniché sur la scène ou auprès des machinistes! Aussi étonnant que cela puisse être, le "maître des contre-ut" n'a jamais su déchiffrer de partitions de musique bien qu'il arrive à suivre les orchestres. Il se justifie en disant que, sans les partitions, il ne fait qu'écouter les autres prestations (souvent par Enrico Caruso dont il a toujours admiré la voix exceptionnelle) et peut ainsi avoir une plus grande liberté d'interprétation sur scène et vocalement. Enfin, pour les inconditionnels de Pavarotti, un élément incontournable: son écharpe. Il s'agit certainement de "l'outil de travail" auquel il tient le plus car pour lui, cette écharpe fait partie de sa vie depuis le début de sa carrière. Elle accompagne donc le maestro à toutes les représentations, que ce soit en coulisse, pour les récitals où le smoking est obligatoire, sur scène, ou pour les concerts "Pavarotti and friends". Elle lui a été offerte aux débuts de sa carrière (certainement par un proche). Il fait en sorte de la laver tous les soirs et y voue un soin hors du commun. Il la porte en toutes saisons même l'été en pleine canicule! Il dit d'ailleurs: "Quitte à passer pour un fou, je préfère me protéger la voix que de risquer de tomber malade".
Il décède le 6 septembre 2007.
Mon avis
Que dire du Maestro Pavarotti....Que de mots élogieux pour cette grande et sublime carrière !
Son timbre chaleureux, vaillant, ensoleillé, charmeur....est l'un des plus reconnaissable dans le monde.
Un grand Ténor qui a marqué les grandes pages de Puccini et de Verdi avec musicalité et une facilité technique éblouissante !
Vous allez nous manquer Big Luciano !
Merci Mastro et Bravississimo !
Je vous présente un extrait de l'opéra de Puccini "La Bohème", enregistré à l'Opéra de San Francisco en 1989.
Luciano Pavarotti est pour moi le plus bel interprète de Rodolfo. Sa partenaire, une autre grande dame de l'opéra, Mirella Freni incarne le rôle de Mimi. Je crois que tout se passe de commentaire. Luciano Pavarotti et Mirella Freni sont "divins" !!!!! 18mn30 de bonheur d'opéra.
Après avoir étudié au Franz Liszt Acadamy à Budapest, la soprano hongroise Eva Marton a fait ses débuts Kate Pinkerton dans Madama Butterfly au festival d'été d'île de Margareten. En 1972, elle a été invitée par Christoph von Dohnanyi à chanter le rôle de la Contesse des Nozze Di Figaro à l'opéra de Francfort, La même année elle a chanté Matilde dans Guglielmo Tell de Rossini à Florence sous la direction de Riccardo Muti ; elle retourne ensuite à Budapest pour chanter Odabella dans Attila de Verdi. En 1973, Mme. Marton a fait ses débuts à l'opéra de Vienne comme Tosca, peu après qu'elle ait chanté Tatiana dans une nouvelle production d'Eugene Onegin. Au Metropolitan Opera de New York, elle a fait ses début sen 1976 dans Meistersinger von Nürnberg. De 1981 à 1986 elle a été choisie trois fois parmi les meilleurs artistes de l'année de New York pour des rôles tels que l'impératrice dans Die Frau ohne Schatten, Elisabeth dans Tannhäuser et Tosca. En 1977, elle rejoint l'opéra d'état de Hambourg chantant l'impératrice dans Die Frau ohne Schatten , etelle a également fait ses débuts à l'opéra de San Francisco dans le rôle de titre d'Aida .
En 1978 elle a fait ses début sà la La Scala comme Leonora dans Il Trovatore, et à l'opéra de Chicago, elle est apparue pour la première fois en 1979 comme Maddalena dans Andrea Chenier. Au festival de Bayreuth, elle a chanté Elisabeth et Venus dans Tannhäuser (1977/78), au festival de Salzbourg comme Leonore dans Fidelio en 1982 et 1983 sous la direction de Lorin Maazel, dans le rôle de titre d'Elektra avec Claudio Abbado en 1989 et en 1992 dans Die Frau ohne Schatten en 1992 sous la baguette de Sir Georg Solti. Eva Marton est devenue une des des principales interprètes de Brünnhilde de Wagner, toutefois Brünnhilde est juste une autre héroïne dans la galerie étendue de ses interprétations définitives qui incluent également les rôles de titre de Salome, La Gioconda, Leonora en La Forza del Destino et, surtout, Turandot de Puccini, qu'elle a chanté la première fois à l'opéra de Vienne en 1983. Depuis elle en a été la « Turandot d'aujourd'hui », et a chanté ce rôle presque 200 fois au Met, à la Scala, Vérone, San Francisco, Chicago, Barcelone, Houston, Washington. Elle a enregistré l'opéra deux fois, avec Lorin Maazel chez CBS et pour RCA, avec Roberto Abbado. Eva Marton est également devenue des artistes qui a le plus enregistré. Elle a plus de 20 opéras complets & des albums solos à son crédit : LaGioconda, Andrea Chenier, Fedora, Turandot, Tosca, La Fanciulla del West, Le château de Blarbe-Bleue, Violanta, Salome, Elektra, La Wally,Lohengrin et le cycle entier du Ring sous la direction de Bernard Haitink.
Ses rôles plus récents sont Kundry dans Parsifal à Barcelone et à Lisbonne (2001), Isolde à l'opéra de Hambourg en 2000.
Mon avis
Eva Marton est une grande dame de l'opéra.
J'aime la puissance de sa voix, l'intelligence de son chant, sa musicalité et son magnétisme ! Pour moi, elle est une des plus belles interprètes de Turandot, et du rôle de Maddalena dans Andrea Chenier. La voix est grande, large, chaude et ça "dégage" !!!! Une artiste lyrique a voir, revoir, à écouter et à ré-écouter...
Placido Domingo est né dans la banlieue de Madrid, le 21 janvier 1941.
Ses parents étaient tous les deux musiciens. Son père était violoniste dans des orchestres d'opéra et de zarzuela et, il avait aussi chanté des rôles de baryton dans des zarzuelas. Sa mère était une chanteuse professionnelle qui avait fait ses débuts au Teatro Liceo de Barcelone, où elle y a rencontré son futur mari.
En 1946, Federico Morena Torroba a créé une compagnie de zarzuela et les parents de Placido ont intégré la troupe. Ils ont voyagé au Mexique et, attiré par ce pays, ils y sont restés et, ils ont ainsi créé leur propre compagnie à Mexico. Placido Domingo a commencé à étudier le piano peu de temps après son arrivée à Mexico, d'abord en cours privés et, plus tard, au Conservatoire National de Mexico. Son intérêt pour la direction d'orchestre est également apparu lors de ces premières années d'apprentissage.
À l'âge de 16 ans, il a rencontré et épousé une étudiante en piano. Ils ont eu ensemble un fils, et peu de temps, après le couple s'est séparé.
Au Mexique et en Israel
Le premier engagement professionnel de Domingo était comme pianiste, accompagnant sa mère lors d'un concert, en 1957. Juste après, il a rejoint la compagnie de zarzuela de ses parents. Il y a interprété des rôles de baryton et, il continuait de travailler avec d'autres chanteurs comme accompagnateur.
En 1959, Domingo auditionne pour l'Opéra National du Mexique avec plusieurs airs de baryton. Dès lors, il est engagé pour chanter des rôles secondaires et, en qualité de doublure. Son premier rôle était Borsa dans Rigoletto de Verdi. Durant cette période, il continue à jouer du piano pour une compagnie de ballet (pour compléter son revenu) et il anime un programme culturel à la récente télévision mexicaine. Ce programme est fait d'extraits des zarzuelas, d'opérettes, d'opéras et de comédies musicales, tous accompagnés au piano par Placido Domingo.
En novembre 1961, il a fait ses débuts américains comme Arturo dans Lucia di Lammermoor de Donizetti avec l'orchestre de Dallas (Joan Sutherland interprétait le rôle de titre).
En 1962, il chante Edgardo dans une nouvelle production de Lucia. Cette même année, il a épousé Marta Ornelas, qu'il avait rencontré au Conservatoire et qui, par la suite, elle a sacrifié une carrière prometteuse pour celle de Domingo.
À la fin de 1962, il a signé un contrat de six mois avec l'Opéra National de Tel Aviv. Il y est resté deux ans et un demi.
New York City Opera
Après avoir quitté Tel Aviv en juin 1965, Domingo a auditionné avec succès pour le New York City Opera. Ses débuts à New York ont été programmés pour le 21 octobre 1965, comme Don Jose dans Carmen de Bizet.
En février de l'année suivante, il a chanté le rôle de titre dans Don Rodrigo, une création d'Alberto Ginastera.
Bien qu'il ait chanté dans des exécutions en plein-air pour le Metropolitan Opera de New-York, Cavalleria Rusticana de Mascagni et Pagliacci de Leoncavallo en 1966, ses débuts officiels au MET ont eu lieu le 25 septembre 1968. Il a remplacé Franco Corelli dans Adrianna Lecouveur de Cilea.
D'autres debuts importants :
- Janvier 1965, Teatro Liceo de Barcelone, dans trois opéras de compositeurs mexicains peu connus.
- Décembre 1969 dans le rôle de titre d'Ernani de Verdi.
- Décembre 1971 comme Cavaradossi dans Tosca de Puccini.
En 1980, Moreno Torroba a écrit un opéra, EL Poeta, pour Domingo, qui a chanté la première mondiale en juin de cette année. Domingo et les critiques ont convenu qu'il y avait beaucoup de passages attrayants mais le livret était trop faible.
Bien que le répertoire de Domingo se soit concentré principalement sur les maîtres italiens et français du 19 siècle, son répertoire s'est élargi. En plus de ses racines de zarzuela et une brève excursion dans la musique contemporaine avec Don Rodrigo, il s'est tourné jusque Rameau (Hippolyte), Mozart (Don Giovanni) et s'est penché sur Wagner (Lohengrin).
Domingo est également apparu dans des productions commerciales de film de Cavalleria Rusticana de Mascagni, de Pagliacci de Leoncavallo, et de La Traviata (1983) de Verdi, dirigées par Franco Zeffirelli, et Carmen de Bizet (1984), dirigée par Francesco Rosi.
Domingo a poursuivi la direction d'orchestre tout au long de sa carrière. En 1972 « Domingo dirige Milnes ! Milnes dirige Domingo ! » avec nouveau Philharmonia Orchestra de Londres. Plus tard, il a dirigé une production au New York City de La Traviata lors de la saison 1973-1974 et, une production Covent Garden de Die Fledermaus, fin1983.
Acclamation universelle
Dans les années 90, Domingo a réalisé de grands succès commerciaux avec deux grands tenors : Jose Carreras et Luciano Pavarotti. Le trio a chanté pour la première fois ensemble à l'occasion de la Coupe du Monde de Football en 1990, à Rome. En 1994, les 3 Tenors se produisent au Stadium de Los Angeles. Le concert a été regardé à la télévision par 1.3 milliards de personnes et, il a été vendu plus de 10 millions de CD et de vidéos.
L'immense popularité du chanteur lui a permise de récolter des millions de dollars lors de concerts-humanitaires, afin d'aider les victimes du tremblement de terre de 1985 au Mexique (dans lequel il a personnellement perdu quatre parents).
En 1996, Placido Domingo est devenu le directeur artistique de l'Opéra de Washington.
Le 3 décembre 2000, Domingo a reçu les honneurs du Président des États-Unis, Bill Clinton et, il a accepté le poste directeur artistique de l'Opéra de Los Angeles.
LA JUIVE, Halévy - "Rachel, quand du Seigneur". 1979
Né le 5 décembre 1946 à Barcelone, José Carreras fit montre d'un talent certain pour la musique dès son plus jeune âge, étant à l'époque fasciné par Caruso. Sa première prestation publique eut lieu alors qu'il n'était âgé que de huit ans, chantant La Donna e Mobile à la radio nationale espagnole. À l'âge de onze ans, il se produisit au Liceu comme soprano masculin dans le rôle du narrateur dans l'El retablo de Maese Pedro de Falla puis dans un autre rôle de second plan dans le deuxième acte de La Bohème.
Carreras étudia au Conservatorio Superior de Música del Liceo. Il fit ses débuts au Liceu, dans le rôle de Flavio, dans Norma, aux côtés de la célèbre soprano Montserrat Caballé, qui interprétait le « rôle-titre ». Caballé ayant remarqué le talent du jeune ténor, elle œuvra pour lui faire obtenir un rôle de premier plan dans Lucrezia Borgia, de Gaetano Donizetti.
Carreras eut à nouveau l'occasion de chanter avec Montserrat Caballé en 1971, lors de ses débuts londoniens, dans Maria Stuarda, puis dans une quinzaine d'autres productions au cours des années suivantes.
En 1972, il fit ses débuts sur une scène américaine, interprétant le rôle de Pinkerton dans Madame Butterfly. En 1974, c'est à Vienne qu'il se produisit pour la première fois, dans le rôle du duc de Mantoue
On a calculé qu'à l'âge de 28 ans, José Carreras avait déjà interprété 24 rôles différents de « ténor vedette » du répertoire lyrique.
En 1987, alors qu'il était au sommet de sa gloire, des médecins diagnostiquèrent une leucémie aigüe, en lui laissant une chance sur dix de survie. Cette maladie interrompit sa carrière de chanteur durant une bonne année. Dès l'année suivante, José Carreras créa la José Carreras International Leukaemia Foundation, organisation caritative de soutien à la recherche sur la leucémie, à laquelle il se consacre toujours, tout en donnant, bon an, mal an, une soixantaine de concerts chaque année malgré une légère transformation de sa voix.
En 1990, des centaines de millions de téléspectateurs du monde entier purent voir et entendre les « Trois Ténors » donner un concert pour l'ouverture de la Coupe du monde de football à Rome. Ce concert, initialement destiné à recueillir des fonds pour la fondation Carreras, fut aussi l'occasion de retrouvailles solennelles entre le ténor et ses deux confrères Luciano Pavarotti et Plácido Domingo.
Outre l'art lyrique (le bel canto), Carreras se produit dans les genres jugés plus « mineurs », tels que la zarzuela. Il a également participé, sur scène comme en studio, à la comédie musicale West Side Story.
ANDREA CHENIER, Giordano. "Come un bel di..." (Barcelona,1979)
Franco Corelli (Ancône, 8 avril 1921 - Milan, 29 octobre 2003) est un ténor italien dont la carrière s'est déroulée de 1950 à 1976.
Né à Ancone d'un ouvrier des chantiers navals, il étudie au conservatoire de musique de Pesaro. Pratiquement autodidacte, il construit son style de chant à partir d'enregistrements de Caruso et Beniamino Gigli.
En 1951, il gagne le concours du Mai Musical de Florence qui lui permet de faire ses débuts au festival de musique de Spolète où il interprète Don José dans Carmen. Il se produit à l'opéra de Rome en 1953 dans le Giulietta e Romeo de Riccardo Zandonai et il devient rapidement un membre permanent de l'opéra avec un répertoire étendu de quelques trente rôles.
En 1958, il épouse la fille d'une basse connue de Milan, Loretta di Lelio, elle-même soprano, qui devient son agent.
Franco Corelli et Leontyne Price font leurs débuts conjoints au Metropolitan Opera de New York le 27 janvier 1961, dans Le Trouvère où il chante Manrico. Un critique note alors «son jeu animal captivant» mais aussi son besoin d'acquérir un certain vernis. La même saison, Corelli et Birgit Nilsson remettent Turandot de Puccini au répertoire de l'opéra new-yorkais. Au total, il y interprète dix-neuf rôles en quinze saisons et devient ainsi une figure régulière du Met.
Spécialiste des rôles héröïques italiens et français, il se produit en Europe entre autres à La Scala de Milan, notamment avec Maria Callas, et au Festival de Salzbourg sous la baguette de Herbert von Karajan.
En dépit de sa présence virile et héroïque sur scène, Corelli souffre d'un trac terrible. «On devait le pousser sur scène» rappelle la soprano Renata Scotto. On dit aussi qu'il mordit Birgit Nilsson à l'oreille pendant une représentation de Turandot parce qu'elle avait tenu une note très haute plus longtemps que lui ! Nilsson et lui sont également connus pour leurs escarmouches verbales sur scène. Après les représentations, la femme de Corelli l'attendait dans sa loge avec une liste de critiques sur chaque performance.
Franco Corelli cesse de chanter sur scène en 1976 alors qu'il n'avait que 55 ans. Il meurt à Milan en 2003 après avoir subi une attaque la même année et il est enterré au Cimitero Monumentale de cette ville.
Les critiques ont parfois reproché à son jeu d'être auto-complaisant et athlétique sans nécessité. On a critiqué également son style parfois passé de mode et notamment «les sanglots» dont il parsemait son chant. Il n'en reste pas moins que, grâce à son intelligence musicale, son jeu s'est raffiné avec le déroulement de sa carrière.
En outre, sa présence sur scène était charismatique et son physique de jeune premier apportait un impact réaliste à ses rôles. Enfin et surtout, sa voix puissante et généreuse possédait un naturel et une force d'émotion incomparable et l'on peut dire qu'il était avec Carlo Bergonzi le meilleur ténor italien de sa génération.
Son Rigoletto, son Gérard mais surtout son Macbeth et son Simon Boccanegra, enregistré en 1977 avec Claudio Abbado et qui fait toujours aujourd'hui référence, lui ont valu une réputation internationale. Il avait fait ses débuts en 1957 et foulé pendant 35 années les planches des plus grands théâtres lyriques. En 1992, victime d'un accident de voiture, il abandonnait la scène pour se consacrer à l'enseignement. "Pour moi, chanter, c'est parler en chantant" déclarait-il pour expliquer l'importance qu'il attachait à la diction. Il est décédé à 75 ans.
Pour moi, c'est le baryton de classe ! Un grand chanteur qui a quitté trop tôt la scène lyrique qu'il a tant marqué. Malheureusement, je n'ai pas eu la chance de l'entendre en live. Il ne me reste plus qu'à le voir en dvd ou l'écouter sur cd... Mais quelle voix ! Quel talent !
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