
La Française des Jeux a perdu le procès en diffamation qu'elle avait intenté à l'ingénieur à la retraite Robert Riblet, connu pour avoir dénoncé l'intégrité des jeux de grattage en France. Le sexagénaire était poursuivi pour avoir déclaré en février 2006, sur Europe 1 ainsi que dans des entretiens au JDD et à «20 Minutes», que les joueurs étaient «victimes de discriminations», certains d'entre eux «grattant parfois sans avoir aucune chance de gagner». A ses yeux, la Française des Jeux est responsable d'une «tricherie organisée». «Le propos ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression» La 17e chambre a relaxé Robert Riblet estimant que le propos, «pour vif qu'il soit, ne dépasse pas les limites admissibles de la liberté d'expression dans une telle controverse». C'est donc une claque pour la Française des Jeux qui avait déjà dû subir un grand déballage de ses méthodes, lors de l'audience le 22 octobre. A la barre, Robert Riblet avait expliqué que le hasard ne fait pas tout dans les jeux de grattage : dans chaque carnet de tickets (de 50 à 150 tickets) il y a un tiers de petits lots qui s'échelonnent de 1 à 10 euros, les deux tiers restant étant perdants. «On élimine les situations extrêmes» Et quand sort un «lot significatif», supérieur à 20 euros, il n'y en a qu'un seul. D'après Robert Riblet, cette faille permettrait à certains joueurs, aidés par leur buraliste, d'augmenter leurs chances de gains piochant davantage dans les livrets ayant déjà fourni le précieux ticket. A la surprise générale, la Française des Jeux a reconnu que le hasard était «encadré». «On élimine les situations extrêmes : l'absence totale de lots dans un carnet ou tous les lots dans un seul carnet», a déclaré le représentant de l'organisme. Mieux vaut jouer chez les petits buralistes Allant plus loin, il a expliqué que «les joueurs étaient sensibles à la fréquence des gains». Ainsi, selon son exemple, il ne faut pas qu'un petit buraliste de province se retrouve sans aucun gain, alors que dans le même temps un grand détaillant parisien multiplie les lots gagnants. Les petits buralistes ont donc proportionnellement plus de lots gagnants que les grands établissements. «Il y a une volonté de répartition égalitaire sur le territoire», a encore précisé le représentant de la FdJ. Article 20minutes
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