 François Mitterrand n'est pas mort. Souvenez-vous, il avait resurgi au printemps dernier, commentant, la plume et l'esprit aiguisés, la campagne présidentielle depuis son blog. Las, le 10 juin 2007, sommé par le monde médiatique de rompre son anonymat, l'ancien président jugeait que «l'heure était venue de (s'en) retourner»... Non sans prévenir: «Je crois aux forces de l'esprit, je ne vous quitterai pas.» Depuis, plus rien, ou presque. Le 13 septembre 2007, «Tonton» s'interroge tout de même: «Et si, plus que jamais, il était temps de croire aux forces de l'esprit...». Le 8 octobre, dans une note intitulée «revenir», il fait pourtant mine d'hésiter: «Je sens qu'un nouvel esprit m'habite et je m'interroge. Puis-je vraiment laisser les choses en l'état, voyant ce que je vois, entendant ce que j'entends? Les forces de l'Esprit m'ont fait un bien beau cadeau encore. Dois-je en user?» En décembre, deux posts un peu plus longs trahissaient clairement le fait que la blogosphère continuait de chatouiller le commentateur. Un retour timide, remarqué par quelques bloggeurs, comme Nicolas Delaunay. Enfin, samedi 26 avril, vingt-sept ans jour pour jour après le premier tour de l'élection présidentielle de 1981, le François Mitterrand posthume lâche le morceau : «J'ai continué, tout au long de ces derniers mois, à consigner ce que l'observation (...) me dictait. Au cours de l'année écoulée, je n'ai eu d'autre but que de tout voir et tout entendre (...) afin de tout vous dire le jour venu. Enfin! Nous y sommes.» Le 14 mai prochain, celui qui se cache derrière François Mitterrand sera donc de retour. Mais délaissant la blogosphère, il aurait choisi les éditions Ramsay. Article 20minutes |