Philippe Jaroussky n'est d'ailleurs "pas quelqu'un qui dit que les contre-ténors détiennent la vérité dans le répertoire des castrats". La mezzo suédoise "Anne Sofie von Otter aurait pu faire ce disque", souligne-t-il. Mais la voix du falsettiste français, ductile, bourrée d'harmoniques et parvenue à une belle maturité, lui permet aujourd'hui de donner vie à ce projet qui l'a "complètement hypnotisé". "Carestini, c'est un peu ma Malibran à moi", s'amuse Philippe Jaroussky, en allusion au disque que la mezzo italienne Cecilia Bartoli vient de consacrer à la diva romantique Maria Malibran (Decca/Universal). De là à s'identifier à ce "demi-dieu de la scène" qu'était Carestini, il y un
pas que Philippe Jaroussky ne franchit pas. "A un moment, les contre-ténors ont aussi envie de s'émanciper par rapport aux castrats et d'être considérés comme des musiciens plus que comme des gosiers à vocalises", fait valoir Philippe Jaroussky. n'a pas trente ans mais déjà une notoriété remarquable pour un contre-ténor, et prouve qu'un chanteur masculin virtuose à la voix haut perchée est capable en 2007 de reprendre des airs voire des rôles créés par des castrats. L'artiste incarnera mercredi, vendredi et samedi au Théâtre des Champs-Elysées à Paris le rôle-titre de l'opéra romain du XVIIe siècle "Il Sant'Alessio" de Stefano Landi, créé à Caen en octobre dans un spectacle très baroque de Benjamin Lazar. Cette production événement placée sous la direction musicale de William Christie tout au long d'une impressionnante tournée (New York, Londres, Luxembourg, Genève...) est pour Philippe Jaroussky une nouvelle étape dans une carrière qui s'accélère. Les Victoires de la musique classique n'ont pas raté l'éclosion du phénomène: "révélation" en 2004, le contre-ténor a été sacré "artiste lyrique" de l'année en 2007. Tout à sa joie en venant cherchant son trophée, le 28 février dernier, Philippe Jaroussky, 29 ans, voyait dans cette récompense "une façon de reconnaître que la voix de contre-ténor est une voix lyrique comme les autres". Ces sons émis en voix dite de tête ou de fausset peuvent susciter en tout cas des succès discographiques dignes des sopranos et ténors les plus célèbres. Certes porté par le renom du compositeur, le second album Vivaldi ("Heroes") de Philippe Jaroussky, sorti il y a un, a été certifié disque d'or (75.000 exemplaires vendus), seuil qu'il a même franchi. Aujourd'hui, toujours chez Virgin (EMI), le contre-ténor rend hommage à Giovanni Carestini (1705-1760), l'une des grandes figures de l'âge d'or des castrats avec Farinelli et Senesino, et le créateur de trois opéras de Haendel ("Arianna in Creta", "Ariodante" et "Alcina"). Pas question évidemment pour un falsettiste (chantant en voix de fausset) du XXIe siècle de rivaliser avec ces "stars" du chant du XVIIIe, dont la castration avant la puberté permettait de mêler l'aigu de l'enfant avec la puissance et la vélocité de l'adulte.
Philippe Jaroussky n'est d'ailleurs "pas quelqu'un qui dit que les contre-ténors détiennent la vérité dans le répertoire des castrats". La mezzo suédoise "Anne Sofie von Otter aurait pu faire ce disque", souligne-t-il. Mais la voix du falsettiste français, ductile, bourrée d'harmoniques et parvenue à une belle maturité, lui permet aujourd'hui de donner vie à ce projet qui l'a "complètement hypnotisé". "Carestini, c'est un peu ma Malibran à moi", s'amuse Philippe Jaroussky, en allusion au disque que la mezzo italienne Cecilia Bartoli vient de consacrer à la diva romantique Maria Malibran (Decca/Universal). De là à s'identifier à ce "demi-dieu de la scène" qu'était Carestini, il y un pas que Philippe Jaroussky ne franchit pas. "A un moment, les contre-ténors ont aussi envie de s'émanciper par rapport aux castrats et d'être considérés comme des musiciens plus que comme des gosiers à vocalises", fait valoir Philippe Jaroussky.
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