
Trois questions à René Dosière, député apparenté PS de l'Aisne et auteur de «L'argent caché de l'Elysée» (éd. Seuil). Une note interne de l'Elysée recommanderait d'augmenter de 140% le salaire du président de la République. Etait-il trop bas? Oui, il est deux fois inférieur à celui d'un conseiller d'Etat, ce n'est pas normal. Il faut comprendre la situation actuelle abracadabrantesque: le salaire du chef de l'Etat est prélevé sur le budget global de l'Elysée. Cela permet de mélanger dépenses privées et publiques allégrement. Son salaire s'apparente donc à de l'argent de poche. Je crois qu'il faudrait au contraire que le Président paye, comme tout le monde, sa taxe d'habitation à l'Elysée ou encore ses vacances. Que préconisez-vous? Il faut que le Président fixe lui-même son salaire et qu'il l'élève considérablement. Une augmentation de 140% ne me choque pas. C'est ensuite au Parlement de l'approuver. Le salaire devrait être directement prélevé sur le budget de l'Etat. Cela permettrait de clarifier les choses. Pensez-vous vraiment qu'il soit possible de séparer dépenses publiques et privées pour le président de la République? C'est vrai que c'est délicat mais de Gaulle y parvenait. Dans sa résidence privée de la Boisserie, il ne faisait venir aucun cuisinier de l'Elysée. On a peu d'échos de ce qui s'est ensuite pratiqué sous la présidence de Georges Pompidou. Mais par la suite, le budget de l'Elysée a augmenté et la frontière entre privé et public a disparu. |