 Anciens salariés et associations de victimes ont marqué à Toulouse le 7e anniversaire de l'explosion de l'usine AZF, qui avait fait 30 morts en 2001, mais cinq mois avant l'ouverture du procès en correctionnelle la recherche de la vérité taraude toujours les esprits. "L'immense majorité des gens ont la certitude que depuis sept ans on leur cache la vérité", estime en hochant la tête Jacques Mignard, président de l'association des anciens salariés "AZF mémoire et solidarité". "Je me dis qu'enfin on va aboutir à la vérité, et en même temps je crains qu'on ne la connaisse jamais et qu'au bout du compte nous serons tous profondément déçus", dit-il, en évoquant le procès qui doit s'ouvrir le 23 février 2009. Une partie des 600 membres de l'association se sont retrouvés comme à l'accoutumée à 10H17, heure de l'explosion, autour du +Rond-point du 21 septembre+, proche du terrain de l'ancienne usine devant accueillir le futur +Cancéropôle+ de Toulouse. "Je lancerai un appel au rassemblement pour exiger la vérité", annonce M. Mignard, "car seul prévaut aujourd'hui la thèse officielle et toutes les pistes n'ont pas été explorées". A l'issue d'une instruction qui a duré jusqu'en 2006, les experts ont retenu l'hypothèse d'un mélange malencontreux de quelques kilos de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kilos de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, vingt minutes avant l'explosion. Ils ont en revanche rejeté celles d'un attentat, d'une explosion due à un météorite, au gaz ou à un arc électrique. "Vingt-sept théories différentes sont répertoriées dans le dossier d'instruction, plus toutes les autres qui nous sont parvenues en direct", déplore Frédéric Arrou, président de l'Association des sinistrés du 21 septembre 2001, dont les positions sont antagonistes à celles des anciens salariés de la chimie. "Notre seul credo c'est le dossier d'instruction", dit-il. "On n'a pas de croyance, on n'a pas d'opinion, et puis on n'est pas dans le fantasme, on est dans les faits, rien que les faits".
Selon M. Arrou, "la paranoïa, le délire et puis l'instrumentalisation vont bon train dans ce genre de catastrophe". "On sait qu'il y a des intentions indicibles des uns ou des autres de fomenter des théories, de dresser des rideaux de fumée. Il y a une vraie manipulation dans cette histoire", assure-t-il. Désormais, M. Arrou dit "attendre cette mise à plat du procès afin que les choses puissent être dites dans le calme et la sérénité de la justice". "Arriver au procès n'est pas un soulagement", estime de son côté Patrick Timbart, directeur délégué du groupe Total de Toulouse, "le soulagement ce sera quand on aura trouvé une explication à la catastrophe". Comme les membres de l'association des anciens salariés, le groupe Total réfute l'hypothèse d'un mélange impropre retenue par la justice. "On considère que cette manière de présenter les choses n'est pas plausible", estime-t-il. "La cause existe très certainement, encore faut-il la débusquer, mais la seule conviction que l'on a ce n'est certainement pas l'explication qui a été donnée", indique M. Timbart. Après sept années de bataille associative et juridique, Frédéric Arrou a annoncé que le dimanche 21 septembre 2008 marquera sa dernière participation aux cérémonies de commémoration. "A un moment il faut savoir s'arrêter, on ne peut pas endosser à vie l'identité de victime. La fin c'est le procès qui va la sonner", dit-il. Article 20minutes
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